DATI FAIT FUIR
Clap de fin des élections municipales et hommage national à Lionel Jospin. A droite, Jean-François Copé s’affirme, à gauche la petite primaire revient, sans le PS.
Par Valérie Lecasble avec Jérôme Clément et Sylvie Pierre-Brossolette
DATI FAIT FUIR
La maire du 7ème arrondissement et ses affidés Larcher, Pécresse, Barnier, et Cie ont beau clamer que c’est la division des droites qui a fait perdre Rachida Dati à Paris, la simple analyse des chiffres leur donne tort. Il suffit de prendre quatre arrondissements gagnés par la droite, les 5ème, 9ème, 15ème et 17ème, pour constater qu’à chaque fois, les maires d’arrondissement ont remporté de meilleurs scores qu’elle. Le manque à gagner de Rachida Dati, en voix additionnées, en comparaison de celles des maires qui la soutenaient, Florence Berthout, Delphine Bürkli, Philippe Goujon et Geoffroy Boulard, atteint 17 024 électeurs, soit 15,78 %. Un chiffre bien supérieur à l’écart de 9 % observé au niveau de la capitale, en faveur d’Emmanuel Grégoire. Conclusion : c’est bien la personnalité de Dati qui a fait fuir les électeurs.
LFI BOUSCULE JOHANNA ROLLAND
Les socialistes ne comprennent pas pour quelle obscure raison la maire de Nantes, numéro 2 du Parti socialiste, a choisi de s’allier à LFI entre les deux tours des élections municipales. Johanna Rolland aurait dû prendre le risque de gagner seule, s’agacent-ils, fâchés des neuf sièges gagnés par les Insoumis dans le nouveau conseil municipal. Ils s’inquiètent aussi des manœuvres de LFI en direction des Verts, fragilisés par le recul de plus de 15% de leur alliance avec le PS depuis 2020. La directrice de campagne d’EELV, remarquent-ils, est une proche d’Andy Kerbrat, le député LFI de Loire-Atlantique, interpellé dans le métro en 2024, en train d’acheter de la drogue. La digue entre les Verts et les Insoumis va-t-elle sauter à Nantes ?
PAS KOUCHNER, MAIS VALTER
Confusion à BFMTV où le présentateur aperçoit de dos, lors des arrivées à la cérémonie d’hommage à Jospin, une chevelure courte et brune. « Voilà Laurent Fabius qui s’installe et qui salue (il l’embrasse) Bernard Kouchner que je crois reconnaître de dos. Ah non, ce n’est pas du tout Bernard Kouchner, au temps pour moi. », s’exclame le présentateur. Il s’agit en fait de … Clotilde Valter, la proche collaboratrice de Bernard, pas Kouchner mais Cazeneuve.
COPÉ, LE RETOUR
Jean-François Copé est décidé à revenir au premier plan. Il va publier un livre qui ressemble fort à un programme pour la présidentielle. S’il ne compte pas être candidat lui-même, il souhaite peser et entrer dans le jeu gouvernemental au plus haut niveau si son camp gagne.
Sa ligne est claire : pas d’alliance de près ou de loin avec le RN mais une droite décomplexée sur le reste, menée par un candidat unique. Son retour actif semble bien apprécié : il a joué un rôle important dans la négociation Dati-Bournazel et, à LR, il a réussi à imposer une clarification des positions de Retailleau sur l’union des droites. Homme à suivre…
LA PETITE PRIMAIRE, SANS LE PS
Maintenant que la primaire est mort-née, qu’adviendra-t-il des Marine Tondelier, Clémentine Autain et François Ruffin, trois candidats à la présidentielle déjà déclarés auxquels il faut adjoindre Lucie Castets ? Cette primaire se tiendra quand même, sans le Parti socialiste, parie un acteur avisé. Comme l’incontournable Fabien Roussel se présentera aussi, cela nous promet deux candidats à caser entre Jean-Luc Mélenchon et celui des sociaux-démocrates, en espérant qu’au moins l’un d’eux les rejoigne in fine. En cette semaine d’hommage à Jospin, voilà qui nous rappelle les dégâts causés en 2002 par les candidatures Taubira et Chevènement…
JOSPIN : LE COURAGE DE SYLVIANE AGACINSKI
Lionel Jospin devant le tombeau de Napoléon, un paradoxe pour ce démocrate républicain, pourfendeur de tyrannie. L’occasion aussi de retrouvailles pour toute une génération, heureuse d’être réunie. Nostalgie, bien sûr, mais aussi fierté d’avoir entrepris toutes ces réformes qui donnent l’ampleur de la tâche accomplie. Les feuilles mortes se ramassent à la pelle joue la Garde républicaine, les souvenirs aussi….
Mais c’est au cimetière du Montparnasse où famille, amis et militants, sont venus que manquent tout à coup les deux disparus prématurément : Henri Weber, le compagnon de route, et David Kessler, l’homme de la culture dont la mémoire flotte dans cette foule émue, joyeuse et hors du temps.
Pour les 1 200 personnes qui ont dit adieu à Jospin, au rythme de la mélodie hongroise puis de quatre impromptus de Schubert, le plus magique fut peut-être le courage de Sylviane Agacinski. Quand tant de femmes se taisent, elle qui fut la sienne pendant 35 ans, brave son émotion pour délivrer elle-même un magnifique discours à son mari. Chapeau la philosophe



