Mélenchon : en avant vers une nouvelle défaite !

par Laurent Joffrin |  publié le 03/05/2026

Jean-Luc Mélenchon a annoncé hier soir sur TF1 sa volonté de concourir une nouvelle fois à l’élection présidentielle. Candidat d’une extrême gauche de plus en plus radicale, il risque fort de n’aboutir à rien, sinon à faire élire le RN.

portrait de Laurent JOFFRIN (Photo Philippe-Matsas, 2020)

Pour la quatrième fois, Jean-Luc Mélenchon s’apprête donc à échouer à une élection présidentielle. Bien sûr, selon les plans sur la comète habituellement tracés par la gauche radicale, il espère que son savoir-faire en campagne lui permettra de franchir le premier tour, aidé en cela par la division de la droite et par la destruction de la gauche réformiste, qui constitue son premier but politique.

Le risque d’un duel avec le RN

Mais s’il arrive à ses fins, il aura en face de lui une candidature d’extrême droite à qui sa présence dans ce tour décisif donnera toutes les chances de l’emporter, ne serait-ce que par le ralliement plus que probable d’électeurs de droite qui tiennent les Insoumis pour plus dangereux que les lepénistes. Cette hypothèse cataclysmique ne fait pas peur à Mélenchon. Pratiquant le culte de la force en politique, méprisant les faibles et les conciliants, il se rêve en leader d’un mythique camp antifasciste qui rejouerait les grandes batailles des années trente au cœur d’une nouvelle crise nationale. Il l’a lui-même annoncé : « à la fin, ce sera eux ou nous ». L’ennui, dans cette vision binaire, c’est que, selon toute probabilité, ce sera eux.

Bien sûr, on peut considérer que cette candidature est utile à titre de témoignage. Si l’on veut une gauche qui flirte avec l’antisémitisme, qui approuve la violence de rue, qui fonde son discours public sur l’anathème et l’invective, qui admire la Chine, la Russie et le Venezuela, qui déteste l’Europe unie, qui se dévoue au chef et ne tolère pas la moindre dissidence, alors on votera Mélenchon. On montrera ainsi son originalité, sa force de caractère, son tempérament de rebelle, en soutenant le candidat dont tous les sondages disent qu’il est le plus rejeté de tous dans cette présidentielle.

Laurent Joffrin