Paris veut accorder la citoyenneté d’honneur aux civils de Gaza
Là où Anne Hidalgo avait toujours refusé que les couleurs de la Palestine illuminent la Tour Eiffel, Emmanuel Grégoire lâche du lest.
Sous la pression de sa nouvelle majorité, plus à gauche, le maire de Paris a accepté la requête d’Audrey Pulvar, son adjointe en charge des relations internationales, d’accorder la citoyenneté d’honneur de la Ville de Paris à la population civile et aux journalistes palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. Cette délibération sera présentée au vote du Conseil de Paris au mois de juin, où elle devrait trouver une majorité.
Cette distinction rare a été accordée jusqu’ici à la ville de Kiev, au peuple du Haut-Karabakh et à quelques personnalités telles que l’Iranienne Masha Amini, les otages du Hamas ou Nelson Mandela.
Ainsi, a-t-on pu voir, à l’issue du débat sur le Moyen-Orient au Conseil municipal de jeudi, quelques élus brandir des drapeaux palestiniens depuis les fenêtres de l’Hôtel de Ville, en signe d’approbation.
Rachida Dati éclaboussée par une enquête
Ça tombe mal pour la maire du 7e arrondissement, qui n’y est pas forcément pour grand-chose : les premières mises en examen, survenues vendredi 22 mai, de trois personnes pour des faits présumés de violences sexuelles et de maltraitance dans trois écoles de sa circonscription, font désordre. Deux d’entre elles ont été placées en détention provisoire.
On savait, depuis les révélations de Cash Investigation, que l’école maternelle Saint-Dominique serait la première visée dans l’enquête déclenchée dans le périscolaire par la Ville de Paris à la suite de nombreuses plaintes déposées par les parents. Mais on ignorait que s’y adjoindraient La Rochefoucauld, bien connue des familles bien nées du 7e, ainsi que Rapp, qui se trouve dans le même quartier. Toutes trois dépendent directement de la maire d’arrondissement.
Ceci, au moment où Rachida Dati se fait disputer, à l’Hôtel de Ville, son leadership d’opposante à Emmanuel Grégoire par l’insoumise Sophia Chikirou, qui obtient des victoires comme celle de la citoyenneté d’honneur aux Palestiniens.
Après son échec à la mairie de Paris et avec la perspective de son procès en septembre, Rachida Dati, qui s’est faite beaucoup plus discrète depuis qu’elle n’est plus ministre de la Culture, n’avait pas besoin de cela. 2026, annus horribilis…
MeToo : la lenteur persistante de la justice
Les pourfendeurs de Patrick Bruel, tombé de son piédestal après les plaintes pour violences sexuelles d’une trentaine de femmes, ont raison de dénoncer l’omerta qui a régné depuis trop d’années sur les soupçons qui pesaient sur le chanteur.
En revanche, les présumés innocents, victimes de plaintes dans le cadre de MeToo, peuvent eux aussi regretter le temps, trop long également, que met la justice française à les juger.
Avec une réputation ruinée et l’impossibilité de travailler, alors que des maires appellent Patrick Bruel à annuler sa tournée, « le temps que la justice se fasse », ils se retrouvent souvent exclus de la société dans l’attente d’un jugement qui n’advient qu’après de nombreuses années.
Ainsi, dans le milieu du théâtre, l’exemple emblématique de Michel Didym, objet d’une plainte en 2020, l’une des premières de MeToo dans cette profession, n’a été mis en examen qu’en 2025, soit cinq ans plus tard. Aujourd’hui, l’enquête n’est pas terminée et le comédien-réalisateur attend encore son improbable jugement, sans pouvoir exercer son métier.
Si les plaignantes réclament que soit revue la prescription, les accusés demandent que les juges rendent leur verdict avant que leur destruction sociale ne devienne irréversible.



