2026 : plein soleil sur les salles obscures

par Jérôme Clément |  publié le 04/09/2026

Enfin une bonne nouvelle ! Record battu pour le cinéma cet été : vingt millions d’entrées au mois d’août, chiffre le plus élevé depuis 1980, année de création du baromètre. Pour une fois, ce n’est pas un record de chaleur, ouf ! Encore que la climatisation des salles ait sûrement aidé à les remplir.

Foule devant le cinéma UGC Gobelins pour profiter des salles climatisées lors d'une journée de canicule dans le 13e arrondissement de Paris le 21 juin 2026. (Photo Judith Crico / Hans Lucas via AFP).

En tête des sorties d’été, le film américain « Spider-Man: Brand New Day », suivi du britannique « L’Odyssée » et du canadien « La Pat’ Patrouille », tandis que « De la comédie française » a dépassé le million d’entrées, suivi de « Tombé du ciel ». Sans compter les deux épisodes de « De Gaulle », qui ont franchi les cinq millions d’entrées, applaudis en fin de séance et démontrant l’appétit du public pour les épisodes glorieux de notre histoire, les héros militaires et les hommes politiques visionnaires bravant le cours de l’histoire dans l’intérêt de la nation. À méditer par nos candidats à la candidature, puisque nous en sommes là.

Plus généralement, la hausse des entrées depuis le début de l’année est de 28 % par rapport à 2025 et de 8,6 % par rapport à 2024. Si la tendance se poursuit d’ici à la fin de l’année, le cinéma reviendra à ses chiffres de 2024, soit 180 millions d’entrées, peut-être plus, avec une répartition presque identique entre films américains et films français.

La rentrée en haut de l’affiche

Précisément, la rentrée s’annonce alléchante. Les grands films récompensés à Cannes seront à l’affiche, à commencer par « Fjord », de Cristian Mungiu, réalisateur roumain et Palme d’or à Cannes ; « Soudain », d’Hamaguchi, avec Virginie Efira et Tao Okamoto, prix d’interprétation féminine, qui bouleverse déjà les spectateurs – à voir absolument ; ou encore « Minotaure », du Russe Zviaguintsev, exilé en France, Grand Prix, dont le film « Léviathan » avait été un événement. Sans oublier « Notre salut », sur la Collaboration en France, premier film d’Emmanuel Marre, prix du scénario, avec Swann Arlaud, très remarqué lors de sa projection.

Et beaucoup d’autres œuvres sont attendues d’ici à la fin de l’année : James Gray, Hamaguchi, Dupontel, Jean-Pierre Jeunet, sans compter la nouvelle version des « Misérables » avec Vincent Lindon et le troisième « Dune », très attendu.

J’arrête ici cette liste, qui montre la vitalité et la résistance du cinéma malgré la concurrence des autres écrans. Une bonne nouvelle que j’ai souvent répétée ici : le cinéma résiste au marasme culturel.

Tout n’est pas rose sur grand écran

Est-ce à dire que tout va bien ?

Non. Les questions de financement, la situation d’Hollywood, la protection des auteurs, les jeunes publics : autant de sujets qui demeurent et méritent une attention d’autant plus grande que cet art est fragile et doit être protégé.

Nous suivrons donc avec attention le sommet Lumière du 7 septembre à Saint-Paul-de-Vence, qui réunira, sous la présidence d’Emmanuel Macron et du président coréen Lee Jae-myung, les principaux acteurs du cinéma et de la création audiovisuelle, ainsi que du jeu vidéo, venus des cinq continents. Une question sera au cœur des échanges : comment créer, partager et pérenniser la valeur de l’image animée au cours de la prochaine décennie ? Pour une fois qu’une réunion internationale se déroule sans intervention américaine et qu’elle est issue d’une initiative franco-coréenne, ne boudons pas notre plaisir.

Jérôme Clément

Editorialiste culture