La dynamique Glucksmann s’enclenche-t-elle ?
Sa nette victoire à la primaire de la gauche propulse Raphaël Glucksmann entre 13,5 % et 16 % dans le dernier sondage de l’IFOP. Il prend des voix à Gabriel Attal qui se retrouve plus que jamais sous pression. Une dynamique à confirmer… Tandis qu’à droite, David Lisnard surgit à 6 %.
C’est celui que l’on attendait : le premier sondage réalisé après la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche. Jusque-là, le leader de Place publique oscillait aux alentours de la barre des 10 % dans les intentions de vote, un score honorable mais insuffisant pour avoir une vraie chance de figurer au second tour de la présidentielle. Et voici que dans le sondage que publie l’IFOP pour LCI, il fait une percée qui, si elle devait se confirmer, rebattrait pas mal de cartes.
Glucksmann progresse, Attal recule
Le plus évident est que la pression s’intensifie sur Gabriel Attal. La dynamique de la primaire de la gauche relègue celui-ci loin derrière Édouard Philippe et son vainqueur Raphaël Glucksmann qui se retrouvent désormais tous les deux à touche-touche, à 14 % chacun, tandis que le candidat de Renaissance s’effondre à seulement 6 %.
Dans une autre configuration où ne figurerait pas Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann devance de trois points Gabriel Attal, avec un score de 16 % contre 13 %. On voit mal dans ces conditions comment le candidat de Renaissance peut continuer à se maintenir très longtemps. Ces mouvements confirment enfin l’intuition selon laquelle la candidature de Gabriel Attal comporte un vivier important d’électeurs prêts à rejoindre la gauche pourvu qu’elle ne passe pas d’accord avec LFI. En cela, la ligne politique démocratiquement votée par la primaire acquiert une légitimité nouvelle.
Pour le reste, la progression de Raphaël Glucksmann, d’environ 3 points depuis qu’il a remporté la primaire de la gauche, ne lui suffit pas aujourd’hui pour s’installer comme un candidat crédible de second tour face à Marine Le Pen. Avec un score de 13,5 % dans l’hypothèse la plus probable où le candidat Horizons porterait seul la candidature du bloc central, il demeure largement devancé par Édouard Philippe (18 %) et Jean-Luc Mélenchon (16 %). Cette troisième place ne lui permet donc pas de se qualifier pour défier Marine Le Pen qui continue de caracoler en tête entre 34 et 36 %.
David Lisnard apparaît à 6 %
Mais une dernière hypothèse, plus originale, comprend son lot de surprises. Au cas où les petits candidats comme François Ruffin, Dominique de Villepin et David Lisnard se présenteraient, le maire de Cannes surgit à 6 % d’intentions de vote. Plus qu’un frémissement pour le favori des patrons qui inonde les réseaux sociaux où « il se passe quelque chose », comme le titre en une le magazine du JDD. C’est le résultat d’un savant mélange de buzz sur TikTok et d’un carton sur Polymarket, la plateforme de marchés prédictifs où les financiers parient sur le succès du très libéral David Lisnard.
L’intéressant de l’affaire est que plus le nombre des candidats augmente, plus l’écart entre Édouard Philippe (13 %) et Raphaël Glucksmann (11,5 %) se réduit… David Lisnard prend des voix à la fois au candidat d’Horizons et à Marine Le Pen (32 %). Seul Jean-Luc Mélenchon (16 %) ne bouge pas.
Une dynamique encore à confirmer
À six mois de l’élection présidentielle, alors que la France est en pleine incertitude entre la queue de comète des manifestations des lycéens, le démarrage annoncé de celle des Gilets jaunes, la discussion budgétaire qui s’enflamme à l’Assemblée nationale et la crise de la dette qui dure, la situation politique paraît aujourd’hui loin d’être stabilisée.
Ce premier sondage est trop aléatoire pour en tirer des conclusions. « Une nouvelle enquête publiée très bientôt évaluera la durabilité de l’effet post-désignation en faveur de Raphaël Glucksmann », dit son directeur Frédéric Dabi. Même Marine Le Pen prend des gants lorsqu’elle évoque ses bons scores dans les sondages qu’elle croit pourtant plus solides qu’avant. Une certitude demeure : rien ne paraît acquis, encore moins figé aujourd’hui. Tout peut encore advenir. Y compris ce que l’on n’attend pas.



