Alloncle, le Fouquier-Tinville facho

par Laurent Joffrin |  publié le 07/04/2026

Membre du parti croupion et pseudopode du RN dirigé par Éric Ciotti, rapporteur de la commission parlementaire sur l’audiovisuel public, Charles Alloncle avait une cible, France Télévisions, et en a touché une autre : le Parlement.

portrait de Laurent JOFFRIN (Photo Philippe-Matsas, 2020)

Belle réussite de l’extrême droite, il faut le reconnaître. En organisant un spectacle militant digne de LFI ou de Reconquête par ses méthodes, le député Charles Alloncle est parvenu à entacher l’honneur de deux institutions : le Parlement et le service public de l’audiovisuel.

Une commission parlementaire instrumentalisée

Le Parlement ? Parce que la juste méthode des commissions d’enquête parlementaires a été mise au service d’une entreprise partisane et destructrice destinée à justifier, en cas de victoire du RN, la privatisation de France Télévisions et sa soumission à des intérêts privés.

Parce qu’Alloncle, Fouquier-Tinville au petit pied, Vychinski miniature, a confondu le rôle de rapporteur (celui qui est chargé du rapport final) avec celui de procureur obstiné et sectaire. Inondant le réseau X de messages haineux, diffamatoires et biaisés avant et après chaque audition, il a transformé la commission en instrument de promotion personnelle destinée à asseoir une réputation de croisé du poujadisme nationaliste qui lui sera utile auprès de ses collègues d’extrême droite pour briguer plus tard une place.

France Télévisions dans le viseur

France Télévisions ? Le groupe public, sans lequel le paysage audiovisuel serait entièrement dominé par le secteur privé, a été la cible d’attaques incessantes, pernicieuses, vicieuses et, pour une bonne part, calomnieuses, qui mettaient en cause non tel ou tel aspect de son fonctionnement qu’il faudrait réformer (il y en a à coup sûr), mais son existence même.

Le travail honnête et compétent mené par ses rédactions a été vilipendé, pour la simple raison qu’il ne laissait pas, aux yeux des intéressés, assez de place aux thèses de l’extrême droite. Les erreurs – il y en a toujours – ont été montées en épingle, obsessionnellement soulignées, pathologiquement dénoncées, sans que jamais mention soit faite d’une réussite ou même d’un comportement honorable. Ce réquisitoire à œillères, qui occulte tout fait favorable à l’ennemi désigné et distille le fiel et le ressentiment, augure de la manière dont l’extrême droite, si elle parvenait au pouvoir, organiserait le système médiatique en France.

Laurent Joffrin