Cuba, lot de consolation pour Trump ?
Contrarié par son revers en Chine, Donald Trump est en quête d’un coup diplomatique susceptible de ressusciter son image d’homme fort. Après le Venezuela, Cuba pourrait ainsi devenir le prochain décor d’une politique étrangère toujours plus théâtralisée, mue avant tout par l’ego.
Le déplacement de Trump à Pékin n’a débouché sur aucun résultat concret, ni sur la guerre en Iran, ni sur l’exploitation des terres rares. Fidèle à sa vision transactionnelle et profondément égocentrée du pouvoir, Trump fonctionne par flatterie, intimidation et recherche de concessions immédiates. Mais face à Xi Jinping, cette méthode a surtout donné le sentiment d’un président américain cherchant désespérément à séduire son interlocuteur, au prix du prestige des États-Unis eux-mêmes. Ses ambiguïtés sur Taïwan ont notamment alimenté l’idée d’un recul américain sur ce dossier stratégique.
Pour Xi Jinping, l’Amérique — et pas seulement Trump — apparaît désormais comme une puissance en déclin. Le dirigeant chinois n’a aucune intention d’aider un rival qu’il estime enlisé dans ses propres contradictions. Non seulement Pékin refuse de faire pression sur l’Iran comme le souhaitait Trump, mais la Chine entend désormais pousser son avantage sur Taïwan, notamment en contestant plus frontalement les ventes d’armes américaines à l’île.
Les habituelles rodomontades de Trump au retour de ce voyage peinent à masquer ce qui ressemble à un échec diplomatique, voire à une forme d’humiliation symbolique, renforcée encore par la visite de Vladimir Poutine à Pékin quelques jours plus tard, destinée à afficher une nouvelle fois la solidité de l’axe sino-russe.
Cuba, nouveau terrain d’affirmation
À peine revenu aux États-Unis, Trump a donc accentué la pression déjà forte exercée contre Cuba, semblant vouloir renouer avec une logique d’affrontement direct. Il paraît fasciné par ce qu’il considère comme son modèle absolu de réussite diplomatico-militaro-affairiste : l’opération menée contre Maduro au Venezuela, présentée comme une intervention éclair, sans coût humain américain majeur et débouchant sur un accès facilité aux ressources pétrolières du pays.
C’est à l’aune de cette humiliation mal digérée qu’il faut aussi comprendre le retour du dossier groenlandais dans son discours. Trump a lui-même reconnu récemment ne plus faire du pouvoir d’achat des Américains sa priorité immédiate, contredisant ainsi ses promesses électorales. Pour masquer cet écart, il lui faut désormais vendre un récit de grandeur retrouvée et d’Amérique de nouveau redoutée.
Une stratégie dictée par l’image
Son impuissance en Iran et sa faiblesse apparente face à Xi Jinping rendent d’autant plus urgente, à ses yeux, la nécessité d’un coup d’éclat spectaculaire sur le modèle de l’épisode vénézuélien. Avec une préoccupation constante : être le président de l’audace, en opposition à la pusillanimité supposée de ses prédécesseurs.
Dans un récent message publié sur les réseaux sociaux, Trump a d’ailleurs recouvert la carte du Venezuela du drapeau américain, comme pour en faire symboliquement le « 51e État » de l’Union. S’il s’agit évidemment d’un exercice de provocation dont il est coutumier, ce geste révèle aussi beaucoup de son état d’esprit : celui d’un dirigeant fragilisé par son impopularité croissante, ses difficultés économiques et le sentiment de faiblesse projeté à l’international.
Cet état d’esprit constitue aujourd’hui une véritable bombe à retardement qui menace l’équilibre régional et mondial.



