Encore un inédit de Mozart !
Un manuscrit attribué à Mozart vient d’être exhumé des collections de la Bibliothèque nationale de France. Véritable découverte ou emballement prématuré ? À quelques heures d’un concert sur France Musique, la question agite déjà les mélomanes.
Fantastique, éblouissante et merveilleuse ! Et quoi encore ? Peut-être : fabuleuse ! La découverte, par François-Pierre Goy, musicologue et conservateur à la Bibliothèque nationale de France (BNF), d’un manuscrit attribué à Mozart a de quoi étourdir aussi bien les puristes que les curieux.
Dans un savant mélange d’enthousiasme et de prudence, notre éminente consœur du Monde, Marie-Aude Roux, raconte les circonstances de cette inestimable trouvaille : sept courtes pièces écrites par le génie de tous les temps, Wolfgang en personne, dormaient dans les cartons du département de la Musique de la BNF.
« J’ouvre et je vois des portées pleines de ratures, de corrections et d’ajouts ; je reconnais l’écriture de Mozart », explique le chercheur à la journaliste. Aussitôt consultés, plusieurs grands spécialistes, à commencer par le directeur de la Bibliotheca Mozartiana de l’université de Salzbourg (Allemagne), ont apporté leur caution à cette découverte.
La suite est moins assurée : certaines parties semblent plus faibles et pourraient avoir été écrites par une autre compositrice. Mais cette dernière est identifiée : il s’agirait de Marie-Louise-Philippine de Bonnières de Guines. Magnifique ! Une créatrice oubliée sous le poids du machisme de son époque ; il n’est rien de plus opportun aujourd’hui que de la remettre en lumière.
Ne nous moquons pas, foin de mauvais esprit. Nous soutenons suffisamment les créatrices et les musiciennes pour nous permettre une légère plaisanterie, mais nous devons rester respectueux.
Une création mondiale sur France Musique
Le 22 juin, la flûtiste Mathilde Calderini et le harpiste Nicolas Tulliez interpréteront sur les ondes de France Musique, en création mondiale, ces œuvres inédites. Formons le vœu que ces sept pièces soient belles et qu’elles émeuvent. Nous voudrions simplement rappeler quelques souvenirs à nos lecteurs.
Au début de l’année 1933, un compositeur et violoniste français annonça avoir découvert la partition d’un concerto composé par Mozart enfant et dédié par l’illustre génie à Adélaïde de France, fille de Louis XV. Le public apprécia tellement cette partition que le concerto fut intégré au catalogue Köchel et que Yehudi Menuhin l’enregistra.
Le précédent du concerto Adélaïde
Lorsque Marius Casadesus, grand-oncle de l’auteur de ces lignes, révéla qu’il s’agissait en réalité d’un pastiche de sa propre composition, le scandale fut considérable.
Évitons toutefois de rapprocher les deux affaires, du moins pour le moment. Gâcher la Fête de la musique et l’enthousiasme des Indiana Jones de l’art des sons pourrait, à juste titre, nous valoir une volée de bois vert.
On peut néanmoins parier que ces quelques notes ressuscitées ne remplaceront ni les symphonies, ni les concertos, ni les opéras sur l’échelle de Richter de nos émotions.
Mozart est éternel.



