Étiquetage carbone : pour que chacun puisse lutter

par Valérie Cohen |  publié le 28/06/2026

Nous comparons les prix, les labels ou les scores nutritionnels. Mais nous achetons presque toujours sans connaître l’empreinte carbone de ce que nous consommons. Et si cette information devenait aussi naturelle que le prix affiché sur une étiquette ?

Étiquettage avec affichage de l'empreinte carbone. (image générée par intelligence artificielle)

Le 15 novembre 2015, 198 pays se sont accordés à Paris sur un objectif commun : préserver une planète habitable. Depuis, les divergences politiques et économiques ont largement ralenti la mise en œuvre de cet engagement. Pourtant, les cataclysmes réguliers – inondations, canicules – rappellent son urgence, tout comme notre impréparation.

Les canicules du printemps et du début de l’été 2026 ont alerté jusqu’aux plus climatosceptiques. Mais le débat qu’elles suscitent porte principalement sur les mesures d’adaptation. Celles-ci sont évidemment indispensables. Mais si nous continuons, comme pour un dégât des eaux, à écoper la fuite sans jamais la réparer, nous aurons toujours un coup de retard. L’enjeu est donc de diminuer rapidement notre consommation d’énergies fossiles pour atteindre la neutralité carbone, c’est-à-dire un niveau d’émissions que les forêts, les sols et les océans sont encore capables d’absorber.

Encore faut-il savoir où nous en sommes. Pour commencer à réduire nos émissions de gaz à effet de serre, il faut les mesurer. C’est la première condition d’une politique efficace. De nombreuses entreprises réalisent déjà leur bilan carbone, mais ces données restent largement inaccessibles au grand public.

Un double affichage pour orienter les consommateurs

C’est pourquoi le Collectif Compte Carbone porte une proposition de loi visant à rendre visible, pour chaque produit et chaque service, l’empreinte carbone qu’il génère. L’objectif est d’instaurer un double affichage : le prix en euros et les émissions exprimées en kilos de carbone.

Il s’agit de donner à chaque citoyen une information claire lui permettant de comparer, d’arbitrer et, le cas échéant, de faire évoluer ses choix de consommation. Le consommateur constitue le premier maillon de la chaîne économique. Lui donner les moyens de choisir, c’est aussi créer un puissant levier de transformation par la concurrence. Si la demande se tourne vers des produits plus sobres en carbone, les entreprises auront tout intérêt à accélérer la décarbonation de leur production.

Une mobilisation politique en cours

À cette démarche pourrait s’ajouter une campagne nationale d’information rappelant les objectifs collectifs de réduction des émissions : passer d’une moyenne de 9 tonnes par personne et par an aujourd’hui à 2 tonnes en 2050. Une telle pédagogie renforcerait les chances de respecter les engagements pris en 2015.

Mieux encore, si ces informations pouvaient être facilement agrégées grâce à l’intelligence artificielle et alimenter un compte carbone individuel, sécurisé et confidentiel, comme le propose François Hollande, la participation des Français à cet effort collectif en serait facilitée. À ce jour, 35 députés issus de différents groupes politiques soutiennent cette proposition de loi afin qu’elle puisse être débattue avant la fin de l’année 2026. Pour qu’elle aboutisse, il est désormais nécessaire de convaincre un plus grand nombre de parlementaires. Toute contribution en ce sens sera la bienvenue à l’adresse suivante : contact@comptecarbone.cc

Valérie Cohen

Ecologie-Environnement