Football : Trump s’incruste en douzième Espagnol

par Sébastien Lévi |  publié le 21/07/2026

La photo de la victoire de l’équipe d’Espagne en finale de la Coupe du monde n’avait qu’un défaut : Donald Trump. Sa présence résume à elle seule son absence de tact, son incapacité à saisir les situations et un ego pathologique.

L'Espagnol Rodri fête la victoire de la Coupe du Monde de la FIFA avec ses coéquipiers, en présence du président Donald Trump sur le podium, après la victoire de l'Espagne en finale contre l'Argentine au stade de New York, le 19 juillet 2026. (Photo d'Evrim Aydin / Anadolu via AFP)

Avant même le début du tournoi, la Coupe du monde 2026 était calibrée pour être celle de Donald Trump. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, jamais avare de flagornerie à son égard, avait poussé le ridicule jusqu’à affirmer que cette Coupe du monde était le plus grand événement humain, social et culturel que l’humanité ait jamais vu, tout en remerciant avec effusion Donald Trump pour son « implication » dans l’événement. L’homme qui avait décerné une médaille de la paix à Trump dépassait ainsi, avec ce nouvel hommage, les frontières du ridicule.

Il était prévisible que Trump chercherait à demeurer au centre de l’attention à l’occasion de l’événement le plus médiatique du monde : la finale de la Coupe du monde, qui attire environ 1,5 milliard de téléspectateurs. Sans surprise, après le coup de sifflet final, le président milliardaire est donc descendu sur la pelouse avec son « ami Gianni », reléguant au second plan les dirigeants des deux autres pays coorganisateurs de la compétition, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum et le Premier ministre Canadien Mark Carney, ainsi que le roi d’Espagne Felipe VI. Cette apparition, sous les sifflets nourris du stade, aurait pu, et aurait dû, l’inciter à davantage de prudence et de retenue … Peine perdue.

Une présence contestée lors du sacre

La remise de la Coupe du monde est habituellement une formalité rapide, permettant au capitaine de l’équipe victorieuse de rejoindre ses coéquipiers et de brandir avec eux le trophée tant convoité, sans la présence d’intrus. Mais c’était sans compter sur Trump, incapable de rester à l’écart de ces « winners » qu’il admire tant, malgré sa méconnaissance du football, devant plus d’un milliard de téléspectateurs.

Malgré les appels du pied pourtant évidents des joueurs, qui l’incitaient à quitter les lieux avant la photo iconique de l’équipe espagnole avec la Coupe, Trump est resté dans le cadre, flanqué d’un Infantino soumis, comme toujours, au bon vouloir du roi Trump. Cette mascarade s’est finalement achevée, Trump et Infantino quittant les lieux et permettant aux joueurs de vivre pleinement leur moment, qui n’appartenait qu’à eux et en aucun cas à un président américain égotique et à son fidèle laquais, le président de la FIFA.

Une image révélatrice de son ego

Cette affaire ridicule n’est en rien comparable aux problèmes bien plus sérieux que pose Trump, qu’il s’agisse du respect de l’État de droit aux États-Unis, de la crédibilité américaine dans le monde ou des difficultés économiques et sociales qu’il ne parvient pas à résoudre. Elle constitue simplement une illustration supplémentaire de l’ego malade de cet homme, qui ne respecte ni les règles, ni les usages, ni la bienséance, ni le respect élémentaire dû aux autres. Cet ego n’est pas seulement le problème psychologique d’un homme : il est devenu un sujet politique qui inquiète le monde entier. Le paradoxe savoureux de cette photo est que la victoire revient à une équipe qui ne repose pas sur des stars égotiques, mais sur un collectif magnifiquement huilé, dirigé par un entraîneur humble au profil d’éducateur. Les champions du monde espagnols sont aux antipodes des « winners » tels que les conçoit Trump. Leur victoire n’en est que plus éclatante pour les amoureux du ballon rond, qui auront vu Trump tenter de vampiriser leur sport et la Coupe du monde jusqu’à la dernière seconde de la compétition.

SEBASTIEN LEVI

Sébastien Lévi

Correspondant aux États-Unis