Fournaise l’été, déluge l’hiver : le nouveau climat

par Clément Barry |  publié le 26/06/2026

Les mêmes territoires se voient désormais submergés par les eaux avant d’étouffer sous la canicule dans un laps de temps très court. Un constat préoccupant qui n’a rien d’un paradoxe : c’est l’une des manifestations les plus claires du dérèglement climatique. Bonne nouvelle : des solutions existent.

Des personnes se rafraîchissent près d'une fontaine à brumisation sur la place du Trocadéro, lors d'une vague de chaleur à Paris, le 26 juin 2026. (Photo de Dimitar DILKOFF / AFP)

La France entrevoit péniblement la fin d’une canicule qui restera l’une des plus éprouvantes de son histoire. Plus de 70 départements placés en vigilance rouge (une première à si grande échelle), des températures qui ont fréquemment dépassé les 40 °C, avec des pointes proches de 43 °C dans plusieurs régions, et des nuits au-dessus de 25 °C. Triste record : le jeudi 25 juin 2026 est d’ores et déjà entré dans l’histoire comme la journée ayant enregistré la température moyenne nationale la plus élevée depuis les premiers relevés météorologiques fiables, datant de la fin du XIXe siècle.

Naturellement, toute l’attention se porte aujourd’hui sur cette chaleur difficilement supportable, mais il y a seulement quelques mois, le dérèglement climatique sévissait sous un autre visage : celui des crues dévastatrices, des rues recouvertes par plusieurs dizaines de centimètres d’eau, des maisons évacuées et des rivières sorties de leur lit.

Les crues battent aussi des records

À l’automne 2023, puis durant l’hiver 2023-2024, le Pas-de-Calais subit des inondations historiques. En quelques semaines, certaines communes reçoivent plus de 500 millimètres de pluie, soit l’équivalent de six mois de précipitations. Dans certaines régions, des habitants sont inondés deux, parfois trois fois. Aucun répit en 2024, l’une des années les plus humides depuis 1959. À l’automne, les Cévennes reçoivent localement plus de 600 millimètres d’eau en moins de quarante-huit heures, soit presque une année de pluie. L’hiver 2025-2026 prolongera cette série.

Puis, en l’espace de quelques mois seulement, une autre forme d’extrême s’impose avec des fortes chaleurs qui ralentissent tout un pays, au point de faire oublier la précédente, et ainsi de suite…

La profondeur de cette mutation climatique ne tient pas tant à tel ou tel record pris isolément, mais bien à leur enchaînement, qui dessine une météo que tout un chacun – climatosceptiques inclus – perçoit comme toujours plus imprévisible.

Repenser l’aménagement des territoires

L’adaptation à ces crues record ne requiert pas mécaniquement des investissements colossaux ; il s’agit bien souvent de penser autrement les villes et les infrastructures. Pour mieux absorber les pluies, les sols perméables, les fossés végétalisés ou la restauration de zones humides sont souvent plus pertinents que la seule évacuation de l’eau. Nombre de ces aménagements nécessaires peuvent être menés au fil des travaux de rénovation déjà actés, sans pour autant chambouler les budgets. Des aménagements dont certains relevaient, il n’y a pas si longtemps encore, du simple bon sens – paysan comme citadin.

Il en va de même face aux chaleurs extrêmes : davantage d’arbres en ville, des espaces verts préservés, des sols moins imperméables ou encore des matériaux qui concentrent moins la chaleur … autant de pistes et de solutions simples pour limiter efficacement la montée des températures.

L’enjeu n’est donc pas systématiquement budgétaire, mais culturel, en utilisant simultanément les connaissances acquises au cours des dernières décennies, celles d’un dérèglement climatique avéré, ainsi que des principes d’aménagement et d’urbanisme éprouvés dans le temps.

Clément Barry