Iran : la guerre de Trump en mode jeu vidéo
La guerre en Iran se joue aussi sur les réseaux sociaux. À la Maison-Blanche, les frappes américaines sont mises en scène comme des séquences de jeux vidéo ou de films d’action. Une communication qui illustre la manière dont l’administration Trump conçoit la guerre.
La guerre avec l’Iran montre le manque de discipline et l’imprévisibilité de l’administration Trump, mais aussi sa puérilité, avec une utilisation frénétique des réseaux sociaux. Cette stratégie de communication, en décalage avec la gravité de la situation, en dit long sur le culte de l’image entretenu par Trump, l’ancien roi de la télé-réalité devenu chef de guerre tout-puissant. Le site officiel de la Maison-Blanche a publié sur les réseaux sociaux des vidéos mêlant des extraits de films, des joueurs de baseball frappant une balle ou des images de jeux vidéo avec des explosions en Iran à la suite de frappes américaines, sur fond de musiques entraînantes et des titres autant martiaux que décalés avec les événements en cours.
La guerre avec l’Iran montre le manque de discipline et l’imprévisibilité de l’administration Trump, mais aussi sa puérilité, avec une utilisation frénétique des réseaux sociaux. Cette stratégie de communication, en décalage avec la gravité de la situation, en dit long sur le culte de l’image entretenu par Trump, l’ancien roi de la télé-réalité devenu chef de guerre tout-puissant. Le site officiel de la Maison-Blanche a publié sur les réseaux sociaux des vidéos mêlant des extraits de films, des joueurs de baseball frappant une balle ou des images de jeux vidéo avec des explosions en Iran à la suite de frappes américaines, sur fond de musiques entraînantes et des titres autant martiaux que décalés avec les événements en cours.
Comme souvent avec Trump, ces vidéos sont tellement improbables que leur authenticité est d’abord mise en cause avant de se rendre à l’évidence. Elles répondent très clairement au souhait de Trump de présenter la guerre sous l’angle de la victoire, dans une exaltation de la toute-puissance américaine dans l’univers masculiniste des jeux vidéo des « bros », ces jeunes hommes qui se sont ralliés à Trump lors de la dernière campagne présidentielle. L’aspect quasi « ludique » permet aussi de dédramatiser la guerre en Iran en la présentant comme une série de frappes victorieuses sans visages des victimes ou des conséquences de ces destructions.
Une stratégie politique pour mobiliser la base trumpienne
Trump et ses équipes ont conscience que cette guerre est largement incomprise et impopulaire aux États-Unis, et à défaut d’en expliquer les raisons de manière cohérente au peuple et au Congrès, ils doivent la présenter comme victorieuse et l’associer au côté « gagnant » de Trump. Pour reprendre les mots du secrétaire à la Défense, Trump ne mène pas une guerre « s’embarrassant des règles stupides » et « politiquement correcte ». Cette guerre, légitime à bien des égards sur le fond, serait donc autant militaire que culturelle, et la soutenir est un acte patriotique de résistance face aux élites démocrates, faibles et « woke ».
C’est à cette aune qu’on peut comprendre une autre vidéo filmée à la Maison-Blanche qui a fait le tour des réseaux sociaux, suscitant la même incrédulité. On y voyait des leaders religieux réunis autour de Trump dans le bureau ovale et le touchant, communiant avec le grand chef. Cette image, clivante contre les démocrates, s’adressait ici directement à un autre pan de sa coalition trumpienne, les évangéliques qui ont soutenu Trump sans sourciller dans un pacte faustien qui leur a réussi, avec notamment la fin du droit fédéral à l’avortement.
Saturer l’espace médiatique malgré les crises
Ces images de victoire et de communion sont d’autant plus essentielles pour Trump qu’elles permettent d’éclipser les mauvaises nouvelles qui s’accumulent, entre la hausse des prix du pétrole, celle du chômage en janvier et la divulgation d’une accusation gravissime contre Trump dans le dossier Epstein. La frénésie d’images sert donc autant à conforter sa base qu’à saturer l’espace médiatique dans une séquence politique particulièrement périlleuse.
Clémenceau disait que la guerre était une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires.
Les vidéos en provenance de la Maison-Blanche montrent que l’adage s’applique aussi à un ancien animateur de télé-réalité, qui pense que des images spectaculaires suffisent à compenser l’absence de stratégie claire et d’explications envers sa base, alors que l’opinion publique demeure échaudée par les précédents et inquiète devant une économie en ralentissement et qui pourrait pâtir encore plus d’une guerre qui se prolongerait.



