Le Brésil symphonique de Gaëlle Solal
Guitariste classique, l’artiste marseillaise Gaëlle Solal rend hommage à la musique savante brésilienne. Une merveille.
Nous croyons connaître la musique du Brésil. Sensuelle en diable, animée d’un balancement de tendresse et de cette nostalgie teintée d’un sentiment de déliquescence qu’un mot révèle, Saudade, elle s’avance vers nous, portée par quelques étoiles populaires : Jobim et João Gilberto, Elis Regina, Gilberto Gil et Caetano Veloso. C’est oublier que des compositeurs de musique savante, à commencer par Heitor Villa-Lobos (1887-1959), ont écrit des partitions qui se jouent dans les salles symphoniques.
Marseillaise ayant appris la guitare dès son plus jeune âge – six ans, voilà qui dit plus qu’une vocation : la passion d’une vie –, perfectionné son art au CNSM de Paris, Gaëlle Solal vient d’enregistrer Rio.
Une création contemporaine au cœur du disque
Pierre angulaire de ce disque, le Concerto O Saci-Pereré, création mondiale de Clarice Assad, jeune compositrice carioca. Structures rythmiques intenses et ternaires, cadences de cordes inspirées tout à la fois par la musique moderne du premier vingtième siècle et des audaces atonales, c’est un patchwork à dimension pyrotechnique, une fête formidable qu’offre l’orchestre à la soliste. Imperturbable et précise, Gaëlle Solal impressionne par sa présence musicale.
Autour de cette partition fulgurante, la soliste a disposé des œuvres de Villa-Lobos – figure tutélaire de la musique brésilienne –, de Chiquinha Gonzaga (1847-1935), d’Ernesto Nazareth (1863-1934). Il est des albums dont on se demande pourquoi les artistes les ont conçus, d’autres qui plaisent. Rio se range ailleurs : dans la famille des disques indispensables.
Rio, par Gaëlle Solal et l’Orchestre royal de chambre de Wallonie, direction Roberto Beltran Zavala. Label Fuga Libera.



