Le comique lugubre de Radio Nova
Dans l’émission de Guillaume Meurice, un humoriste à succès souhaite la mort de ses adversaires politiques : le public s’esclaffe bruyamment. C’est la nouvelle tendance du rire d’extrême gauche…
Sur Radio Nova, sortie d’un supposé comique, un dénommé Barré, à propos de Gabriel Attal : « Si on apprenait qu’il avait un cancer, je dirais : “Ah ! Du pancréas ? Non ? Dommage !” ». Sur Sophia Aram : « Je te souhaite de devenir daltonienne et de traverser au feu rouge, là… Bam ! Ah, merde, comment va la bagnole ? Ça va, elle roule encore. Alors repasse une fois en marche arrière ! » Complaisance des autres chroniqueurs, rires gras de l’assistance.
Des propos qui interrogent
Ce Barré est un comique anar populaire, très gauche radicale, qui a officié sur France Inter et sur diverses radios, fait tourner un spectacle de « seul en scène » et se produit depuis trois ans dans l’émission de Guillaume Meurice, laquelle rencontre un succès spectaculaire sur Radio Nova. Grand bien lui fasse, et on n’aura pas ici l’idée ridicule de réfuter un humoriste et encore moins celle de le censurer.
La question de la violence verbale
Reste, tout de même, un problème politique : celui de la violence verbale. Difficile de qualifier autrement des propos à la qualité comique contestable, qui incitent le public à s’esclaffer quand on évoque — en la souhaitant — la mort d’adversaires politiques. Licence humoristique, dira-t-on. Mais comment réagiraient les fans de Barré et Meurice si une radio de droite ou du centre usait du même procédé, consistant, sous couvert de blague, à souhaiter la disparition physique de personnes d’un autre bord ? On entend d’ici les grandes orgues de la protestation antifasciste, qui serait en l’occurrence justifiée.
Ainsi va la liberté d’expression dans la gauche radicale. On invective, on insulte, on appelle à l’effacement violent de l’adversaire classé sans cérémonie à l’extrême droite, même quand il est centriste, comme Attal, ou bien quand il dénonce à égalité l’islamisme et le RN, comme Aram. Deux poids, deux mesures, sectarisme revendiqué, amalgame grossier, attaques sous la ceinture et rires macabres. Signe de ces temps déréglés : le nouveau comique politique de l’extrême gauche n’a rien à envier aux envolées haineuses des années trente.



