Les Concerts de Poche : la musique pour tous
Les Concerts de Poche proposent de très bons concerts classiques à petit prix dans des communes éloignées des métropoles. Rencontre avec Gisèle Magnan, fondatrice et présidente de cette association qui participe à la démocratisation de la culture musicale.
L’excellence à la portée de tous. Dans une petite école, un préau communal, une salle des fêtes, une église de village, « Les Concerts de Poche » font connaître la musique savante au grand public. Cette association n’est pas la première, ni la seule, à pratiquer cette politique dans des territoires disposant de très faibles moyens techniques et financiers. Mais elle intervient d’une façon particulière : en organisant des ateliers d’initiation musicale, par une politique de prix modique, en sollicitant des artistes célèbres – en tout cas reconnus dans leur domaine – enfin par la limitation de la durée d’un concert à une heure.
Des concerts classiques au cœur des territoires
Commençons par ce dernier critère. Il faut le reconnaître, nombre de nos concitoyens craignent de passer pour des imbéciles aux yeux comme aux oreilles de leurs voisins parce qu’ils s’ennuient pendant un concert classique qui dure trop longtemps. On dira que nul n’est obligé d’amorcer son apprentissage par la Huitième Symphonie de Bruckner (plus d’une heure vingt de musique…). Mais pour des néophytes, l’écoute attentive de trois sonates peut paraître une éternité. « Nous avons le désir de faire aimer des œuvres emblématiques et exigeantes du répertoire par des gens qui n’en ont jamais entendu parler, nous explique Gisèle Magnan. Mais pour y parvenir, nous avons conscience qu’il faut les préparer. C’est pourquoi nous proposons des ateliers participatifs, pédagogiques et non didactiques – autrement dit guidés par un esprit démocratique, ouvert – afin de leur donner confiance. »
Un modèle fondé sur l’accessibilité
Le prix du billet joue son rôle dans l’aventure. Il varie de 3 à 10 euros – sans jamais les dépasser. Pas de démagogie, mais la volonté de ménager le pouvoir d’achat des milieux populaires. Aux ronchons qui croient que des employés de supermarchés s’offrent des places à 300 euros pour écouter la rock star de leur enfance, Les Concerts de Poche répondent sans condescendance. Pour y parvenir, pas de miracle : l’État (par la voie des ministères et de l’Agence nationale de la cohésion des territoires), les collectivités territoriales, mais aussi des partenaires privés, parmi lesquels on remarque la Fondation du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, apportent un concours essentiel.
En présentant plus de 100 concerts et 2 400 heures d’ateliers par an, l’association touche la « France périphérique » et tout particulièrement le monde rural. « Chaque projet, construit sur mesure, en dialogue avec les élus, fédère les acteurs du territoire et, par leur intermédiaire, tous les habitants d’une commune ou d’une communauté de communes, souligne Gisèle Magnan. Récemment, le célèbre pianiste Benjamin Grosvenor est venu jouer dans une salle comble du Châtelet-en-Brie, devant des jeunes et des familles qui, pour la plupart, assistaient à leur premier concert de musique classique. »
Le premier soliste britannique en Seine-et-Marne ? Telle est la signature des Concerts de Poche. Natalie Dessay, Karine Deshayes, Anne Gastinel, Philippe Cassard, Michel Dalberto, le Quatuor Modigliani font figure de fidèles compagnons de route… « Mais nous soutenons aussi les jeunes artistes qui seront les grands de demain, précise Gisèle Magnan. Dans leurs domaines respectifs, Thomas Enhco, Victor-Julien Laferrière et Jonathan Fournel illustrent cette politique, puisqu’ils ont débuté chez nous avant de conquérir le monde. » Petit à petit, la musique fait son nid.
Pour tout savoir et réserver sa place : www.concertsdepoche.com



