Margaux Simone, chanter l’air du temps
Elle use des codes passés de la pop pour faire écho au présent : Margaux Simone relève le gant des chanteuses en prise avec l’actualité.
La variété contemporaine vous rebute ? Écoutez Margaux Simone. Cette jeune femme écrit ses propres chansons – paroles et musique – et les interprète avec talent. Elle est classique ? C’est pour mieux saisir l’air du temps. « Bien sûr, à l’origine, se trouve le désir de se faire entendre, dit-elle. Toute personne qui monte sur une scène ou s’expose dans l’espace public en est là. Sinon, ce n’est pas la peine de se lancer à l’aventure. Surtout pour une femme. »
Le sexisme au cœur de ses chansons
Surtout pour une femme ? Eh oui… Une chanteuse, de nos jours encore, subit des épreuves humiliantes – un regard, une main, davantage… « Le sexisme me met en colère, admet Margaux Simone. Certaines de mes chansons le dénoncent, Pleurer les filles ou Lolita express. Mais je sais que la colère ne peut suffire. Alors, avec le temps, j’ai la volonté de partager des sentiments positifs. »
Le jeu de la guitare et le chant l’apaisent, la lecture de la presse et l’observation de nos contemporains l’inspirent. On ne s’en étonne pas : de toute éternité, les refrains puisent leur noblesse dans l’ordinaire des jours. « Je pars d’une idée de texte, et le plus vite possible je tâche de la mettre en mélodie, puis d’enregistrer des maquettes, explique-t-elle. Après quoi je file en studio. »
Le studio comme laboratoire musical
Cet espace protégé devient son laboratoire. Enfant de la balle – son père est musicien professionnel –, Margaux Simone explore avec les instrumentistes qui l’accompagnent des chemins de musique, ajuste ses élans, sa voix, son émotivité. « Je pourrais y passer des jours et des jours, nous dit-elle encore. C’est un lieu que j’adore, une tanière, un refuge où tenter de multiples expériences. » Rythmes pop et synthétiseurs aux timbres chatoyants, le costume de la chanteuse, pour être classique, est bien coupé.
Margaux Simone sait regarder derrière son épaule, comme l’atteste la reprise de Mr. Bojangles, un standard de Jerry Jeff Walker datant de 1968. Elle n’en demeure pas moins sensible à la rumeur du monde. Chanter, par les temps qui courent, exige d’avoir le cœur bien accroché. « J’essaie de tracer ma route en parallèle de ce qui se passe, nous dit-elle encore. Mais cela me rend mélancolique. » Plus qu’un message, une confidence.
Margaux Simone et The Guardians, Avant que la nuit, label Jolly Roger, 2026



