Mondialisation de l’intifada… ou de l’antisémitisme ?
Au lendemain du 7 octobre, certaines des manifestations les plus agressives contre la réponse d’Israël à Gaza appelaient ouvertement à « mondialiser l’intifada ». Leur vœu a désormais été exaucé.
Ces dernières semaines, une série d’incidents inquiétants et violents visant des Israéliens s’est produite aux quatre coins du monde, de Bangkok à Manille, de la Grèce au Monténégro. Le simple fait de parler hébreu ou d’être israélien devient non seulement un handicap pour décrocher des engagements ou des contrats, dans la musique ou l’édition, mais aussi un véritable danger pour sa propre sécurité.
Cet « antisionisme », qui n’est en réalité rien d’autre que de l’antisémitisme pur et simple, n’est ni une manifestation politique ni une critique de la politique d’Israël ou de son gouvernement. Aucun des individus attaqués ne se voit demander quelles sont ses opinions politiques — et, soit dit en passant, aucune violence n’est jamais acceptable, y compris lorsqu’elle vise des Israéliens d’extrême droite, aussi abjectes que puissent être leurs opinions.
L’antisionisme politique se normalise aux États-Unis
Cette vague d’attaques incessantes survient alors que l’antisionisme politique se normalise aux États-Unis, sous l’influence du maire de New York, Zohran Mamdani, tandis qu’Israël devient de plus en plus impopulaire dans le pays. Il est tentant de distinguer l’antisionisme de Mamdani ou des Democratic Socialists of America (DSA) de cette vague d’agressions, et il serait d’ailleurs injuste de leur en attribuer à eux seuls la responsabilité. Mais, malheureusement, la rhétorique de Mamdani ou celle du candidat démocrate au Sénat dans le Michigan, Abdul El-Sayed, attise un feu qui brûle déjà : lorsque les Israéliens ne sont pas disponibles pour être pris à partie ou frappés, les Juifs deviennent la « prochaine cible idéale », en tant que « représentants » des Israéliens ou des « sionistes » honnis.
Les attaques contre les Juifs augmentent à New York
Les attaques contre les Juifs à New York ont augmenté de 53 % en juillet et de 8 % depuis le début de 2026 jusqu’en juillet, par rapport à la même période en 2025, dans un contexte général de baisse de la criminalité de 7 %. Cet écart de 15 points devrait faire réfléchir le maire de New York et l’amener à reconnaître que, volontairement ou non, sa rhétorique constante sur Israël a des conséquences sur ce que vivent ses propres « frères et sœurs juifs » dans la ville dont il a la responsabilité. Il pourrait, par exemple, comprendre que « mondialiser l’intifada » n’est pas seulement un slogan appelant à la justice pour les Palestiniens, mais aussi un appel à l’action violente contre les Juifs et les Israéliens. Il pourrait alors parvenir à la conclusion que son « refus d’employer lui-même cette expression » ne suffit pas et qu’une condamnation sans ambiguïté constitue le strict minimum, puisque cet appel à l’action est actuellement mis à l’épreuve dans la réalité, notamment cet été, aux quatre coins du monde.
La position de Mamdani sur la « mondialisation de l’intifada », le fait qu’il qualifie régulièrement Israël d’« État d’apartheid commettant un génocide », les déclarations d’El-Sayed décrivant Israël comme « assoiffé de sang » ou affirmant que le soutien d’un démocrate à Israël ne peut s’expliquer que par l’argent présentent, à bien des égards, des similitudes avec les propos de Donald Trump parlant d’« infestation » et de « rats » à propos des personnes de couleur, ou d’« animaux » à propos des immigrés. Ils peuvent prétendre que leurs critiques sont strictement politiques et ne visent pas les individus, mais il n’en reste pas moins que leur rhétorique met des personnes en danger.
Une rhétorique qui attise les tensions
L’extrême gauche antisioniste dans le monde ne joue désormais plus avec le feu : elle attise les flammes d’un incendie en cours, qui consume les Israéliens et les Juifs à New York comme partout dans le monde, au nom d’une solidarité (justifiée) avec les Palestiniens, devenue trop souvent un prétexte à l’intimidation ou à la violence.
Ce n’est probablement qu’une question de temps avant qu’un incident beaucoup plus grave ne fasse des victimes parmi les Israéliens ou les Juifs. Il sera alors trop tard pour exprimer leur solidarité avec leurs « frères et sœurs juifs ». Le moment d’agir, de calmer le jeu et de mettre un terme à cette rhétorique incendiaire ne peut plus attendre. Car il y a le feu.



