Présidentielle : faut-il être petit pour avoir un grand destin ?
Ils sont une foultitude à vouloir concourir à la présidentielle, ce qui déconcerte les Français. Peut-être faut-il dès lors se rabattre sur un critère inhabituel, mais objectif : la taille du candidat. Les statistiques montrent que, pour présider la France, mieux vaut mesurer moins de 1,75 mètre… ou au moins 1,90 mètre.
Qui sera élu président de la République en 2027 ? À neuf mois du premier tour de la présidentielle, les Français peinent à choisir face à la multiplicité des candidats et s’inquiètent de savoir lequel pourra sortir leur pays de l’ornière. Alors, devant cette profusion, faute d’un « candidat naturel » qui s’imposerait dans chaque camp, peut-être faut-il chercher de nouveaux critères pour départager les impétrants. Par exemple, la taille du candidat, qui joue dans l’histoire de la Ve République un rôle souvent négligé. L’hypothèse mérite d’être creusée, même si la science politique est, pour l’instant, peu diserte sur ce point…
La taille comme critère présidentiel
Les psychologues nomment cela « le complexe de Napoléon » ou « le syndrome du petit homme ». Une taille inférieure à la moyenne nationale donnerait à l’homme politique l’ambition de devenir président de la République. Ce n’est pas prouvé, diront les rationnels ? Voire… En 1981, François Mitterrand, 1,72 mètre, a fait gagner la gauche. En 2007, Nicolas Sarkozy l’emporte avec son modeste 1,68 mètre, qui l’incite à porter des talonnettes. Guère plus grand, avec son 1,70 mètre, François Hollande lui succède en 2012. Enfin, Emmanuel Macron, qui culmine à 1,73 mètre au bras de sa femme Brigitte, souvent juchée sur de hauts talons, est élu et réélu.
Et s’il fallait mesurer la force de l’ambition présidentielle à cette aune, c’est Bernard Cazeneuve qui remporterait la palme, avec son 1,65 mètre… La preuve : celui qui n’a pas pu accéder à Matignon il y a deux ans vient de se jeter dans la course pour l’Élysée, sous la forme d’une lettre de 86 pages écrite aux Français, où il dévoile ses propositions.
Moins de 1,75 mètre pour se lancer ? Cela disqualifierait Gabriel Attal, qui les atteint, tout comme Bruno Retailleau, qui les dépasse de trois centimètres. Sans omettre Jordan Bardella qui, du haut de son 1,85 mètre, est trop grand pour être petit et trop petit pour être grand. Contrairement à sa cheffe, Marine Le Pen, qui atteint le 1,74 mètre requis. Mais c’est encore grand : ils étaient deux finalistes en 2007 et, avec 1,71 mètre, Ségolène Royal a été battue par un Sarkozy plus petit qu’elle.
Les grands candidats de la République
Alors, faut-il être un mini-candidat pour devenir un grand président ? La règle reste fragile. À l’autre bout de la toise, les Français ont aussi voté pour des grands. Mais à une condition : ils doivent dépasser 1,90 mètre. Dans ce domaine, il n’y a pas d’« en même temps », ni de juste milieu. De Gaulle a ouvert la voie avec sa stature de 1,96 mètre, qui lui donne une confiance en soi à toute épreuve et dont le destin les passionne tellement qu’on se rue au cinéma, grand ou petit, pour dévorer les deux épisodes du film d’Antoine Baudry. Après lui, Valéry Giscard d’Estaing, puis Jacques Chirac, eurent aussi le format requis : 1,90 mètre chacun. Aujourd’hui, ils sont trois à concourir dans cette catégorie : Raphaël Glucksmann (1,95 mètre), Édouard Philippe (1,94 mètre) et même Dominique de Villepin (1,91 mètre), ce qui leur permet de croire en leur étoile.
Sébastien Lecornu s’impose dans les pronostics
Il a suffi, dans ce contexte, d’un récent baromètre Ipsos-BVA pour que le nom de Sébastien Lecornu ressurgisse. Certes, cette faveur repose sur des réalités politiques. Face à la guerre à laquelle se livre le couple Philippe-Attal sans que le premier ne plie le match, la belle popularité du Premier ministre au sein du bloc central (Renaissance, MoDem, Horizons) – 78 %, en hausse de 9 points – relance les pronostics. Ex-ministre de la Défense adoubé par les militaires, le Premier ministre est celui, parmi les macronistes, qui maîtrise le mieux les questions internationales, un atout de poids dans un monde devenu dangereux. Il s’est imposé, depuis qu’il est à Matignon, comme un homme de compromis, respectueux des prérogatives du Parlement, ce qui ne l’empêche pas de trancher s’il le faut. Qualité supplémentaire : il répète à l’envi qu’il ne sera pas candidat à la présidentielle, ce qui le désigne, à droite, comme un recours s’il fallait un jour y aller au pied levé. Mais Lecornu a d’abord un atout majeur : il ne dépasse pas 1,74 mètre.



