Primaire du PS : pour ou contre LFI

par Valérie Lecasble avec Sylvie Pierre-Brossolette |  publié le 05/09/2026

Comme toujours, lorsqu’il est en campagne électorale, le premier secrétaire du Parti socialiste se démène, en déplacement quotidien sur le terrain. Sans grand résultat pour l’instant.

On n’entend guère ses soutiens, ni Nathalie Appéré, la maire de Rennes, ni Mathieu Klein, le maire de Nancy : les élections sénatoriales du 28 septembre incitent les grands élus à rester discrets pour ne pas compliquer le jeu des sénateurs. Autre nouvelle inquiétante pour lui : Nora Mebarek, députée européenne, et Guillaume Garot, député de la Mayenne, pourtant membres de son courant, soutiennent Raphaël Glucksmann. Fin août, le leader de Place publique avait aussi recueilli 3 000 adhésions supplémentaires à son parti, quand le PS n’en comptait que 80 de plus. « Cette primaire va se terminer par un vote pour ou contre l’accord avec LFI aux élections législatives », commente un connaisseur, tant Olivier Faure met l’accent dans ses interventions sur la nécessité de parler à toute la gauche. Serait-ce sa martingale ?

La « grande évasion » des écrivains de Grasset contre Bolloré

Il y a cinq mois, Vincent Bolloré, propriétaire de la prestigieuse maison Grasset, virait furieusement et sans raison valable son patron, Olivier Nora, 26 ans de direction et quelques chefs-d’œuvre à la clé. Le soir même, sous l’impulsion de six romancières : Colombe Schneck, Virginie Despentes, Vanessa Springora, Anne Berest, Tania de Montaigne et Laure Limongi, plus de 200 auteurs signaient une pétition annonçant qu’ils quittaient la rue des Saints-Pères. Le catalogue de Bolloré s’était vidé en une nuit.

Cette fronde inédite a une suite. Un mois plus tard, 80 plumes Grasset (de Sorj Chalandon à Bernard-Henri Lévy en passant par Laurent Binet, Anne Sinclair ou Laurent Chalumeau) se retrouvent aux Buttes-Chaumont et décident d’écrire collectivement le récit de l’aventure. À l’arrivée : un manteau d’Arlequin tissé de tristesse, de joie, de colère et de nostalgie. On pourra lire cet objet littéraire et politique rédigé dans l’urgence dès le 10 septembre aux Éditions Buchet-Chastel. Le titre, clin d’œil à l’hallucinante performance de Steve McQueen dans le film éponyme : La Grande Évasion.

Villepin se prend pour de Gaulle

À 72 ans, l’ex-Premier ministre de Jacques Chirac a toutes les audaces. Il faut, dit-il, élire un président qui ait l’étoffe du général de Gaulle. Qui ? Lui ! D’où le titre de son livre : Le Pouvoir de dire non. D’où son idée : organiser « le rassemblement » de tous les partis politiques, la seule façon, dit-il, de sauver une France menacée par l’accession au pouvoir de l’extrême droite. Il ne fait confiance à aucun des candidats de sa famille de droite, ni à Retailleau, ni à Attal, et encore moins à Édouard Philippe dont il réprouve l’action dans sa totalité. Gaulliste avec une fibre très sociale, il épargne davantage la gauche, hormis François Hollande, condamné pour s’être « embusqué ». Avec François Ruffin, au contraire, ils « se reniflent »… pour mieux se rapprocher ?

Bref, lui seul serait capable de renverser la table, dit-il sans peur du ridicule. Ainsi évoque-t-il la création en mai 1943 du Conseil national de la Résistance (CNR) où Jean Moulin avait réuni au service de de Gaulle six partis politiques, du Parti communiste à gauche à la Fédération républicaine de droite conservatrice, sans oublier la CGT et la CFTC. Un brin mégalo, Villepin ?

François Baroin, de nouveau candidat putatif

Comme à chaque élection ou nomination, le nom de François Baroin ressurgit : il n’aurait pas dit son dernier mot pour l’élection présidentielle. Il réunit ses amis le 15 septembre au Sénat, à l’occasion de la remise de sa décoration par Jean-Michel Blanquer, où sont attendus de nombreux invités de poids.

Juliette Méadel relance son association

L’ex-ministre, proche de Bernard Cazeneuve, relance son association, qu’elle a créée en 2012, « L’Avenir n’attend pas ». Sa raison d’être est de faire émerger des idées et des propositions pour mieux associer la société civile et le monde associatif. La petite enfance, la jeunesse, l’éducation et l’écologie sont ses points forts. Elle l’utilisera pour interpeller les candidats sur les sujets de fond et soutiendra celui qui a le mieux répondu à ses attentes.

Valérie Lecasble avec Sylvie Pierre-Brossolette