Primaire socialiste : enfin un rayon de clarté

par Laurent Joffrin |  publié le 10/07/2026

Les militants socialistes ont rejeté la confuse primaire de la « petite gauche » voulue par Olivier Faure. Reste à produire une candidature capable de tenir le choc face à Jean-Luc Mélenchon, de battre la concurrence d’Édouard Philippe et de conjurer la menace Marine Le Pen. Pas simple…

portrait de Laurent JOFFRIN (Photo Philippe-Matsas, 2020)

Voilà qui clarifie les choses. Il n’y aura donc pas de primaire « Bagneux », ni de double primaire, ni de triple salto politico-acrobatique qui aurait abouti à une candidature radicale ruffino-autainisto-tondeliériste soutenue par les réformistes, ou bien, à l’inverse, à une équipée fauriste soutenue par les mêmes francs-tireurs de la radicalité, comme le souhaitait Olivier Faure.

Les militants du Parti socialiste tranchent

Le vote des militants du PS est clair : il prépare la désignation d’une ou d’un candidat de la mouvance socialiste, par le truchement d’une primaire « fermée » ou, au cas où celle-ci ferait long feu, par le jugement de l’opinion à la fin de l’année.

La direction du PS voulait « dépasser la social-démocratie ». C’est elle qui est dépassée par le vote qu’elle a organisé. Loin de disparaître, la social-démocratie, in fine, aura son ou sa candidate. Les électeurs de gauche seront ainsi placés devant un choix clair : ou bien la radicalité mélenchoniste, ou bien la vieille maison socialiste, comme disait Blum, mise au goût du jour.

Dans la première option, ils choisiraient une politique étrangère neutraliste fatale à l’Ukraine et à l’Union européenne, un programme de « bifurcation » irréalisable faute de financement et une vie politique fondée sur le conflit permanent. Avec ce risque en prime : un second tour Mélenchon-Le Pen, où les électeurs de droite feraient la différence en choisissant, comme ils l’annoncent dans les sondages, le « tout sauf LFI ».

Trouver une candidature capable de gagner

On dira qu’en face, chez les réformistes, les idées manquent. C’est faux : Place publique et le PS ont leur programme et les think tanks de la mouvance ont produit maintes propositions. La vraie question est ailleurs, que la procédure tranchera d’une manière ou d’une autre : choisir une candidature capable de gagner, c’est-à-dire de surclasser Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe au premier tour, puis Marine Le Pen au second. Si l’on file la métaphore cycliste, le Tourmalet, le mont Ventoux et l’Alpe d’Huez… Tel est, pour les socialistes, le seul sujet de réflexion qui compte.

Laurent Joffrin