PSG et violences : la gauche hors-jeu

par Laurent Joffrin |  publié le 01/06/2026

En minimisant les débordements émeutiers qui ont émaillé l’après-match PSG-Arsenal, une grande partie de la gauche, par réaction pieuse, montre une nouvelle fois son incompréhension des questions de sécurité.

portrait de Laurent JOFFRIN (Photo Philippe-Matsas, 2020)

Discrétion de violette en une de plusieurs journaux progressistes, litotes prudentes, vocabulaire édulcoré, réactions inexistantes, lénifiantes ou, dans le cas de LFI, franchement comiques (s’il y a eu violence, c’est à cause de la police !) : une nouvelle fois, la gauche dévote se distingue par sa pusillanimité civique.

Des violences massives après PSG-Arsenal

On parle avec maintes précautions de « tensions », de « heurts » avec les forces de l’ordre. La vérité, c’est que de nombreux individus, venus soi-disant fêter la victoire du PSG, ont pillé des magasins, molesté des passants, brûlé des biens publics (des Vélib’, notamment, sans doute des symboles d’oppression…), lapidé les policiers ou bien tiré sur eux à l’aide de fusées de feux d’artifice. L’affaire a fait de nombreux blessés parmi les supporters – l’un d’eux est entre la vie et la mort –, 178 policiers ont été atteints et plus de 890 personnes ont été interpellées, un chiffre en hausse de plus de 45 % par rapport à l’année dernière.

Une réponse politique jugée insuffisante

À en juger par la modération des commentaires à gauche, il faudrait donc s’habituer à voir chaque événement sportif d’importance, ou encore des fêtes banales comme le jour de l’An ou Halloween, gâchés par quelques centaines de crétins agressifs qui trouvent plaisant de briser les vitrines et d’agresser les policiers. Ce silence pleutre – on craint de « stigmatiser les banlieues », ce qui reviendrait à désigner leurs habitants comme les seuls coupables, ce qui est un cliché aux connotations racistes – ouvre évidemment la voie aux outrances répressives et xénophobes de l’extrême droite, nourrissant les émissions fascisantes de CNews ou d’Europe 1.

Combien de fois faudra-t-il écrire que ces violences n’ont aucune justification, qu’elles doivent être condamnées sans restriction, que leurs auteurs à la cervelle de pois chiche bafouent les valeurs républicaines de concorde et de respect de la loi, qu’elles s’attaquent délibérément à la tranquillité publique, qu’elles n’ont d’autre effet que de noircir la réputation des cités, aussitôt accusées par facilité d’être à l’origine des débordements, alors même que la grande majorité de leurs habitants réprouvent évidemment ces comportements inciviques, qu’elles menacent enfin des citoyens qui ne demandent rien d’autre que d’exprimer leur joie à l’issue de la victoire de leur équipe, lesquels sont très souvent issus des classes populaires, premières victimes de l’insécurité.

Ces manifestants de l’absurde ne méritent rien d’autre que l’application logique des lois, sans complaisance ni panique répressive. Le seul effet politique de leurs exactions, c’est la progression de l’extrême droite, qui aura vite fait, si elle parvenait par malheur au pouvoir, de sortir de l’État de droit, de faire adopter des lois xénophobes et de renforcer de manière dangereuse les moyens répressifs de l’État. C’est à la gauche de proposer une politique républicaine combinant la fermeté immédiate et le traitement social et civique des causes de cette délinquance. Faute de quoi nous assisterons indéfiniment à la confrontation délétère entre la langue de guimauve de la gauche complaisante et les éructations autoritaires de la droite antirépublicaine.

Laurent Joffrin