Rachida Dati privée du Château de Versailles ?
Le réquisitoire du Parquet national financier à l’encontre de Rachida Dati réclame quatre années de prison, dont deux fermes aménageables en bracelet électronique, cinq ans d’inéligibilité et cinq ans d’interdiction d’exercer une fonction publique avec exécution provisoire. Par sa sévérité argumentée, il pourrait priver la maire du 7e arrondissement de la présidence du Château de Versailles qu’elle guigne.
Le 26 février 2026, sa place avait en effet été gardée au chaud en attendant, d’abord, le résultat de son élection à la mairie de Paris, puis celui de son procès dans l’affaire des 900 000 euros d’honoraires qu’elle avait touchés de Renault sans contrepartie évidente. Ainsi, Emmanuel Lecerf, déjà administrateur, avait-il été nommé « président par intérim » en attendant que soit connu le sort de l’ex-ministre de la Culture. Sans préjuger du jugement en délibéré qui sera rendu le 21 janvier, il ne paraît guère possible désormais, avec un si lourd réquisitoire, qu’elle puisse occuper ce prestigieux poste de la République. Quant à la mairie de Paris, la droite est, dans les circonstances actuelles, bien soulagée qu’elle ne l’ait pas remportée…
Sénatoriales : et si le LFI Amard, monsieur gendre, n’avait pas été élu ?
À Vaulx-en-Velin et à Vénissieux, deux villes remportées par LFI, le tribunal administratif de Lyon a annulé les élections municipales 48 heures seulement après les élections sénatoriales. D’où l’invalidation de 166 grands électeurs qui venaient d’élire Gabriel Amard, le premier sénateur de La France insoumise. Or, le gendre de Jean-Luc Mélenchon n’a obtenu que 54 voix de plus que le candidat LR aux sénatoriales qui se trouvait juste derrière lui. De quoi penser qu’à quelques jours près, le résultat du vote eût été fort différent.
Le hic est qu’en raison d’un appel de la décision, il faudra plusieurs mois pour organiser de nouvelles élections municipales. Et en 1995, la décision du Conseil constitutionnel sur un cas similaire avait maintenu la validité du vote des grands électeurs malgré leur invalidation.
Rien n’empêcherait cependant de revenir à la charge en contestant celui en faveur de Gabriel Amard. Mais il faudrait du temps et une certaine ténacité que l’étiquette politique du sénateur élu rendrait sans doute difficile à imposer.
Le mouvement lycéen parti pour durer
Locaux vétustes, professeurs absents, emplois du temps chargés, aides au logement rognées : les revendications des lycéens sont sérieuses, estime l’une des meilleures expertes de la jeunesse en France. Et comme les étudiants viennent s’agréger au mouvement avec la mobilisation qui prend dans les universités…
Il n’y a pas de raison que le soufflé retombe de sitôt, redoute-t-elle. Ainsi, la crise de la jeunesse viendrait-elle s’additionner à celle de la dette. La quadrature du cercle qui rend le gouvernement impuissant puisqu’il ne dispose d’aucune marge de manœuvre financière. Nouveau casse-tête pour Lecornu…
Pourquoi les élus de gauche ont boudé la visite du pape
Ils étaient nombreux à être invités place de la Concorde et pourtant pas un seul d’entre eux n’était présent. L’absence de tout homme politique de gauche pour assister à la messe du pape a été remarquée par ceux de droite qui s’étaient déplacés, tels Valérie Pécresse, installée entre Édouard Philippe et Gabriel Attal, ou encore Michel Barnier et Sébastien Lecornu, les deux autres Premiers ministres d’Emmanuel Macron, ou enfin l’ex-président de la République Nicolas Sarkozy. Rien de tel à gauche : ni anciens locataires de Matignon, ni même celui de l’Élysée, n’ont cru bon de se montrer.
Comment expliquer une telle absence alors que la gauche partage avec le pape les valeurs de charité, d’attention aux pauvres, aux plus démunis et aux handicapés ? Interrogés, certains d’entre eux opposent un silence gêné. D’autres ne cachent pas qu’ils ne se sentaient pas à leur place. Dommage pourtant de laisser le monopole des 800 000 personnes venues sur les Champs-Élysées aux seuls élus de droite. « Les gens qui étaient là n’ont que faire de la politique et de la récupération partisane », lance l’un d’entre eux. « Je me serais senti trop mal d’y aller par intérêt politique », renchérit l’autre. On ne sait si la droite partage de tels scrupules…



