Ramadan : un silence décolonial
Le prédicateur islamiste a été condamné pour la deuxième fois pour plusieurs viols. On a donc bien compris que cette idole des décoloniaux était en fait un Tartuffe criminel. Où sont les regrets, les explications, les rétractations de ceux qui l’ont défendu contre toute raison ?
Ce n’était donc pas une campagne raciste, une réminiscence coloniale, un effet de la « discrimination systémique ». Deux tribunaux différents, indépendants, l’un en Suisse, l’autre en France, ont condamné à la prison le prédicateur musulman Tariq Ramadan, coupable de viols répétés sur plusieurs femmes maintenues sous emprise. Courageusement, l’intéressé a préféré se soustraire à l’audience et rester précautionneusement en Suisse pour éviter la peine.
Deux condamnations, en Suisse et en France
En dépit de toutes les campagnes de haine et de toutes les menaces proférées à leur endroit, Caroline Fourest et quelques autres observateurs lucides avaient donc raison. Ramadan, idole des décoloniaux, était bien un Tartuffe dangereux qui a trompé des milliers de croyants sincères, en même temps qu’une escouade d’intellectuels radicaux. Curieusement, le slogan désormais bien connu – « on vous croit » –, adressé aux victimes de viols ou d’agressions, s’est inversé dans ces milieux militants : « on ne vous croit pas, on croit le violeur ». Et les auteurs de cette campagne, à l’exception notable de l’actrice Béatrice Dalle, égarée et exaltée, rasent soigneusement les murs en espérant qu’on oublie leurs errances.
L’argument décolonial mis en échec
Pour eux, le doute n’était pas permis : si le conférencier proche des Frères musulmans, écouté dans les quartiers populaires et parmi les croyants, était inquiété par la justice, c’était la faute de journalistes, de policiers et de juges racistes. Par son origine, par ses idées, par le sort fait aux « racisés », Ramadan était par essence du côté des victimes de la société : il ne pouvait donc être coupable.
Le raisonnement intersectionnel a mené tout droit au « deux poids, deux mesures ». Les éléments de fait avaient beau s’accumuler dans les dossiers des juges, il était entendu qu’on ne pouvait pas traiter ce héraut décolonial, « racisé » et populaire, comme un justiciable lambda. Il y avait, par définition, maldonne, préjugé ou conjuration. Et, dans une argumentation grossièrement machiste, ses accusatrices, quoiqu’également « racisées », étaient des femmes menteuses, achetées, mythomanes, animées par le lucre ou l’esprit de vengeance.
Fort heureusement, attachés à l’universalisme qui est la garantie d’une justice équitable, les magistrats s’en sont tenus aux faits, aux témoignages, aux indices matériels et aux arguments rationnels. Sur cette base, les victimes ont été reconnues dans leurs droits et le délinquant sanctionné. Voilà qui doit faire réfléchir, si c’est possible, les zélateurs du dogme décolonial.



