RN : le pyromane en tête des pompiers

par Laurent Joffrin |  publié le 29/06/2026

Ceux-là mêmes qui ont combattu avec hargne et obstination les thèses écologiques donnent maintenant des leçons de politique environnementale. Et il se trouve des commentateurs pour accorder du crédit à cette farce.

portrait de Laurent JOFFRIN, le 23 juillet 2020

L’extrême droite et une bonne partie de la droite n’ont décidément aucune vergogne. Il faut tout de même avoir un singulier toupet pour prétendre tirer un avantage politique de la canicule qui vient de s’achever alors qu’on vient d’être désavoué par la réalité. Ceux-là mêmes qui ont sans relâche daubé sur les thèses environnementales, dénoncé de manière obsessionnelle « l’écologie punitive » pour s’opposer à toutes les mesures de lutte contre le réchauffement climatique, fustigent désormais, au terme de cet épisode catastrophique qui invalide leur discours, « l’impréparation » des pouvoirs publics, l’improvisation dont ferait preuve le gouvernement et les retards pris par la France dans son adaptation au changement.

Le RN face au débat climatique

Le cas du RN et de ses porte-voix de CNews est le plus éclatant. Les députés frontistes ont voté systématiquement contre toutes les mesures écologiques débattues à l’Assemblée nationale ou au Parlement européen. Ils ont dénoncé la vision « idéologique » des défenseurs de la planète, opposé le peuple attaché à ses traditions aux élites « boboïsées » qui veulent imposer leur mode de vie aseptisé aux classes défavorisées et placé les écologistes en tête de leur détestation politique, pour se faire aujourd’hui les procureurs des manquements environnementaux. Certains pyromanes se retrouvent souvent au premier rang de ceux qui clament qu’on lutte mal contre l’incendie.

Les climatosceptiques à l’épreuve des faits

Quant à CNews, organe central de l’extrême droite, ses animateurs ont relayé avec une obstination trumpienne les thèses climatosceptiques les plus racornies. En dépit de toutes les démonstrations scientifiques produites par les spécialistes du climat, ils continuent de pérorer dans un monde alternatif où les canicules sont dues aux caprices de la nature et la climatisation la solution universelle à toute hausse de température.

Quel débat pour la présidentielle ?

Tout cela fait perdre beaucoup de temps et d’énergie, ralentit les efforts des gouvernements et égare la population. En toute logique, le débat présidentiel devrait sanctionner cette propagande grossière que la réalité vient de réfuter dans le drame et recentrer les controverses sur les meilleurs moyens d’atténuer le réchauffement tout en s’adaptant à la nouvelle situation, au lieu d’opposer stupidement les deux concepts. Mais à l’heure de la désinformation bolloréenne et de l’emprise des réseaux de la bêtise, c’est sans doute beaucoup demander.

Laurent Joffrin