Social-démocratie : l’équation incertaine
Dans le camp social-démocrate, la percée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages fait monter la pression. Tout comme la décision de Raphaël Glucksmann d’annoncer seulement « dans trois mois » s’il sera candidat à l’élection présidentielle.
Le temps d’un galop d’essai ? L’inquiétude s’installe sur la façon dont sera départagé le candidat qui portera le drapeau de la social-démocratie. « J’ai peur qu’à la fin, il n’y ait personne », lâche un grand élu parisien, proche à la fois de Cazeneuve, Hollande et Glucksmann. Car à laisser les sondages trancher, que se passera-t-il si aucun des trois ne s’impose ? Qui prendra le risque d’y aller s’il ne se sent pas assez bien placé ? Deux points seulement séparent aujourd’hui Glucksmann (10 %) et Hollande (8 %)…
Sacrée responsabilité que pourrait assumer un homme d’expérience comme François Hollande si son « trou de souris » venait à s’élargir, lui qui se voit volontiers comme un recours, à condition de réaliser un score honorable. Ce n’est pas gagné…
La candidature Villepin s’éloigne
L’ex-Premier ministre de Jacques Chirac poursuit sa chute dans les sondages avec un score de 2,5 % dans celui que vient de publier l’IFOP, contre 4 % il y a six mois. Ce recul accompagne la révélation, par Robert Bourgi dans Complément d’enquête, de cadeaux qu’il a reçus lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères : deux statues et un buste de Napoléon d’une valeur estimée à 125 000 euros. Le Parquet national financier a ouvert une enquête.
Dans ce contexte, et malgré ses multiples prises de parole et déplacements, même ses proches doutent de la possibilité d’une candidature de Dominique de Villepin à l’élection présidentielle. « Comment celui qui a été haut fonctionnaire pendant toute sa carrière a-t-il pu s’acheter un somptueux appartement, qui doit valoir une dizaine de millions d’euros, avenue Foch à Paris ? », lâche l’un d’eux, convaincu que, scruté par la justice, il devra renoncer.
Le Parti socialiste crée son think tank
Boris Vallaud en rêvait, Olivier Faure le fait. Puisque son ex-allié, devenu son opposant, a quitté la direction du Parti socialiste, le premier secrétaire prend les devants et annonce la création, le 8 juin prochain, de son propre think tank, baptisé « Noûs », un mot grec qui désigne l’intelligence et l’esprit. Tout un programme…
Julie Martinez, éphémère porte-parole du PS, ex-juriste chez le controversé Palantir, et aussi directrice générale du think tank de Jacques Attali, France Positive, co-présidera la nouvelle entité avec Gaston Laval, qui vient d’être élu conseiller de Paris aux côtés d’Emmanuel Grégoire. L’objectif de Noûs sera notamment de « permettre la convergence des idées de gauche ». Une façon pour Olivier Faure, qui prononcera le discours d’introduction, de préempter la posture du rassemblement un temps convoitée par Boris Vallaud.
Vers une révolution fiscale ?
Dans son prochain livre à paraître en juin, « Guerre et Paix, Entre profits et Salaires », le président des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, Jean-Hervé Lorenzi, énonce avec Alain Villemeur huit pistes pour remettre la France sur les rails. Objectif : qu’une répartition plus juste entre les profits et les salaires soutienne la croissance de l’économie française.
Il préconise d’abord la baisse de 20 % des cotisations sociales des employeurs, qui permettrait aux entreprises d’augmenter les salaires et/ou d’investir dans les nouvelles technologies. Ensuite, l’instauration d’une CSG à taux progressif améliorerait le pouvoir d’achat des plus modestes. Puis, la réduction de 10 milliards d’euros de l’impôt sur le revenu des salariés leur ferait gagner 700 euros chacun de pouvoir d’achat. La fiscalité sur les revenus du capital serait, à l’inverse, maintenue constante, y compris la hausse de la CSG du budget 2026.
Mais la grande révolution fiscale proviendrait d’une meilleure imposition du patrimoine foncier sur « la terre urbaine » (7 000 milliards d’euros) et sur la « richesse-terre » (8 000 milliards), grâce à des taxes raisonnables aux alentours de 1 % chacune, qui rapporteraient 60 milliards pour l’une et 21 milliards pour l’autre. Ce qui financerait la revalorisation significative de la valeur du travail.
La « grande transmission » de l’héritage des boomers, évalué à 9 000 milliards d’ici à 2040, et le maintien de la contribution exceptionnelle sur les entreprises (7,5 milliards) renfloueraient les recettes de l’État. Enfin, la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité et la hausse de 25 % de celle sur les produits de luxe favoriseraient la consommation. Voilà qui pourrait inspirer les candidats…



