Tondelier et Ruffin : les aventuriers de l’Union perdue
Errant sans fin entre socialistes et insoumis, ces deux négociateurs sans négociation veulent réunir des forces – LFI et le PS – qui ont décidé de concourir séparément. À force d’être assis entre deux chaises, ils finiront par tomber par terre.
Tel le maréchal de Soubise cherchant son armée avec sa lanterne après la défaite de Rossbach, Marine Tondelier et François Ruffin reviennent de la Fête de l’Humanité sans troupes ni stratégie. Depuis des mois, ils se sont échignés à faire apparaître l’Arlésienne de l’Union de la gauche dont Mélenchon ne veut pas. Ils sont allés jouer du violon sous son balcon, mais celui-ci leur a versé son pot de chambre sur la tête.
Dépités, ils ont cherché à unir le reste de la gauche sans fermer la porte à LFI. Las ! Les socialistes, en majorité, refusent de passer sous les fourches caudines mélenchonistes et préfèrent concourir sur une ligne claire derrière le ou la candidate qu’ils choisiront en toute indépendance, Glucksmann, Faure, Royal ou un autre. Dès lors que Mélenchon a décidé de camper sur une radicalité agressive, multipliant au printemps les saillies provocantes en matière de violence politique ou d’antisémitisme, pouvait-il en aller autrement ?
L’Union mitterrandienne en référence
Ruffin et Tondelier invoquent le souvenir de l’ancienne Union mitterrandienne. Ils oublient de rappeler que l’Union de l’époque n’a été possible qu’en raison des concessions doctrinales essentielles consenties par le PCF, la gauche radicale de l’époque : abandon de la « dictature du prolétariat », garantie sur les libertés publiques, acceptation de la dissuasion nucléaire, ralliement à l’Europe, etc. Mélenchon, à l’inverse, refuse tout accommodement doctrinal et exige un ralliement pur et simple à LFI, si bien que la gauche stagne depuis dix ans à 30 % des voix.
Dès lors, à quoi bon chasser sans fin le dahut de l’Union ? Au bout du compte, deux forces seront en lice au premier tour : la gauche radicale anti-européenne d’un côté, emmenée par Mélenchon, avec Sandrine Rousseau et quelques épigones dans son sillage ; la gauche réformiste de l’autre, avec une candidature socialiste – Glucksmann ou autre – épaulée par Jadot et quelques « écolo-réalistes ». N’est-ce pas plus clair et plus sain ?
Après tout, ce fut le cas en 1981, en 1988 ou en 2012, lors des trois dernières victoires présidentielles de la gauche. Bien sûr, à l’époque, le PS dominait largement le reste de la gauche. En ce début d’automne, c’est LFI qui caracole en tête. Or cette configuration, en inquiétant une partie de l’électorat de gauche et du centre, n’a jamais conduit au succès. Puissent les électeurs de gauche s’en souvenir…



