Tondelier : Marine la menace

par Laurent Joffrin |  publié le 07/08/2026

La cheffe du parti vert exige l’interdiction du réseau X d’Elon Musk, vecteur de la propagande nationaliste. C’est le meilleur service qu’elle puisse rendre à l’extrême droite française.

Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti Les Écologistes, au siège du parti à Paris, le 27 juillet 2026. (Photo Bastien Ohier / Hans Lucas via AFP)

Pour avoir pris hier la défense du mouvement écologique, on peut se permettre aujourd’hui d’épingler sa cheffe de file, Marine Tondelier, qui s’est une nouvelle fois illustrée dans l’ordre de la maladresse tonitruante et satisfaite. Pour être franc, on a rarement vu une aussi juste cause défendue par une aussi mauvaise porte-parole.

Une proposition jugée contre-productive

La cheffe des Verts avait déjà fait parler d’elle en reprochant aux riches, ces « privilégiés climatiques », de « construire des igloos » dans leurs hôtels particuliers pour traverser sans dommage les canicules. Ces constructions de glace étant destinées à protéger les Inuits non contre la chaleur mais contre le froid, l’image était particulièrement mal choisie…

Voici qu’elle récidive avec la même assurance en demandant l’interdiction en France du réseau X, qu’elle accuse de diffuser les « fake news » et de vouloir, par ce biais, fausser l’élection présidentielle (grande découverte…). C’est-à-dire qu’elle use des habituelles outrances de la gauche radicale, qui croit intelligent de pousser à l’extrême ses propositions pour se faire entendre et confond, ce faisant, le bruit et l’action.

Cette interdiction n’ayant aucune base légale à ce jour, Marine Tondelier propose donc que le gouvernement se lance dans une action de censure arbitraire qui sera immanquablement désavouée par les tribunaux. Peut-être faut-il lui rappeler qu’en démocratie, le pouvoir ne peut interdire un média pour la seule raison que son contenu lui déplaît.

Les outils juridiques européens existent

Non que ce réseau X soit exempt de reproches, bien au contraire. Son propriétaire, Elon Musk, techno-milliardaire aux penchants nazis, ne fait pas mystère de son soutien appuyé aux extrêmes droites européennes. Faussement abrité derrière son statut de plate-forme de diffusion, le réseau X est en fait un organe de propagande qui pousse les contenus qui vont dans son sens et minorise les autres. Curieusement, d’ailleurs, Marine Tondelier continue de l’utiliser pour populariser ses idées, ce qui revient pour elle à dîner avec le diable, munie d’une très courte cuillère…

L’ennui, dans un État de droit, c’est qu’on ne peut censurer l’expression d’une opinion sans s’appuyer sur les lois existantes. Autrement dit, si l’on veut s’attaquer aux agissements du réseau X, il ne suffit pas de sauter sur sa chaise comme un cabri en criant : « Interdiction ! Interdiction ! ». Il faut le faire en s’appuyant sur les règles démocratiques en vigueur. Or celles-ci existent : elles sont contenues dans la double législation européenne qui s’applique à la communication en ligne, dite DMA et DSA.

Plutôt que de faire un coup médiatique, Marine Tondelier aurait pu utiliser ce moyen légal et porter plainte auprès des autorités européennes en arguant des manquements répétés dont le réseau X se rend coupable. Dans ce cadre – mais au terme d’une procédure régulière –, l’Europe peut mettre Elon Musk à l’amende et, s’il récidive, envisager de suspendre X sur son territoire, ce que d’autres gouvernements ont fait. Mais c’eût été sans doute une démarche trop rationnelle et trop légale : adieu le coup médiatique…

Un avantage politique pour le RN

Comme d’habitude avec les turlupins de la gauche radicale, ils servent sur un plateau à l’extrême droite le moyen de se mettre en valeur. Depuis l’horrifique et vide menace agitée par Marine Tondelier, les leaders nationalistes, Jordan Bardella en tête, se présentent sur les plateaux avec l’aura du dissident qu’on veut bâillonner, de la victime innocente de l’intolérance de la gauche. Ils accusent l’Union européenne de vouloir les censurer et prennent la défense de Musk au nom de la liberté d’expression, avec les arguments que leur fournit obligeamment la diatribe tondelière.

Le résultat est toujours le même : les extrêmes occupent la scène au détriment des partis républicains en se prévalant de l’avantageux statut de minorité opprimée. D’une Marine à l’autre, c’est un ballet bien réglé qui n’a d’autre effet que de favoriser le vote RN.

Laurent Joffrin