Trump-Poutine : l’Ukraine servie aux loups

Sous la menace d’un désastre le 3 novembre à la Chambre des représentants, et peut-être au Sénat, le roi MAGA joue son va-tout en soutenant son ami Poutine contre l’Europe et sa partie ukrainienne. Le crime de Zelensky, qui lui vaut toute sa hargne ? Avoir frappé les raffineries russes et résisté à ceux qui promettaient le dépeçage de l’Ukraine, lequel serait intervenu sans l’intervention des Européens. La chute se profile, tant pour le petit tsar que pour le grand chef MAGA. Le premier a épuisé son pays dans une guerre prédatrice, sans autre justification que la conquête de territoires, à la faveur d’une répression massive en Russie et de bombardements qui sont autant de crimes de guerre contre l’Ukraine. Le tout accompagné d’opérations hybrides de moindre intensité contre l’Union européenne. Le second a déclenché une guerre au Moyen-Orient qu’il a perdue, en dépit d’une écrasante supériorité militaire, isolant et discréditant les États-Unis comme jamais sur la scène internationale. Le Néron des Amériques se débat désormais pour assurer sa survie politique et celle de son clan. Il fascine encore par son recours aux vérités alternatives, mais si l’on s’en tient aux faits mis en perspective, il a perdu, tout comme Poutine. En douter ne serait plus rationnel. Coup d’État institutionnel, acte de guerre civile Personne ne croira au motif invoqué : ouvrir les vannes au gazole russe pour faire baisser le prix du carburant. « Les formidables paysans, éleveurs et transporteurs routiers, c’est ma plus grande priorité », éructe le locataire de la Maison-Blanche. Son homologue russe en tirera quelques subsides, mais sans rapport avec les besoins de son armée, en difficulté sur la ligne de front, même si elle garde la capacité de détruire des infrastructures civiles essentielles et de massacrer chaque jour des dizaines de simples citoyens. À supposer d’ailleurs que Moscou réussisse à livrer ce qui lui a été acheté — et il est permis d’en douter —, cela ne représenterait au mieux qu’une part trop modeste, entre deux et trois jours de consommation américaine, pour influer durablement sur les cours mondiaux du pétrole. Récit grossièrement fantasmé, donc, marché de dupes pour ceux qui s’y laisseraient prendre et, surtout, simple expédient d’une administration en perdition à mi-mandat. N’annonce-t-elle pas la retransmission de la mise à mort, par un peloton d’exécution, d’un terroriste islamiste en fauteuil roulant ? JD Vance lui-même affirme qu’il ne « regardera pas » l’ignoble spectacle, c’est dire. Ne déchaîne-t-elle pas ici une offensive contre la Cour pénale internationale, honnie parce qu’elle serait le bras séculier d’une Europe incarnant le droit international ? Un droit que Trump veut abattre parce qu’il contrarie ses agissements et ceux de ses obligés, à Gaza et en Cisjordanie notamment. Oslo a, en outre, osé ne pas lui décerner le Nobel de la paix, l’attribuant à Navi Pillay, une ancienne procureure très respectée de la Cour de La Haye. Trump ne supporte ni contradiction ni affront. Sans le moindre scrupule, il piétinera la démocratie américaine, déjà abîmée — des … Lire la suite de Trump-Poutine : l’Ukraine servie aux loups