Nos propositions pour 2027
Chaque semaine, désormais, le LibreJournal met en débat une proposition de réforme destinée à animer la discussion publique au cours de cette année présidentielle. Aujourd’hui : un service civique de six mois.
7) Pour un service civique obligatoire de six mois
La nécessité du vivre-ensemble est l’un des enjeux politiques majeurs de notre époque. Ce n’est pas un slogan. La France a été façonnée par les mélanges, les rencontres, les trajectoires venues d’ailleurs et rassemblées sous une même bannière : celle de la liberté. Liberté de se construire une vie qui ne soit pas dictée par son origine sociale, ethnique ou géographique. Cette promesse républicaine place le mérite et la volonté au-dessus de la naissance. Elle irrigue nos principes et nos institutions.
Une promesse républicaine fragilisée
Espagnols, Italiens, Polonais, Africains, Asiatiques : tous sont venus chercher ici une vie meilleure, et tous ont apporté leur part à ce récit commun. Leur point commun n’est pas l’origine, mais la conviction que la fatalité n’est pas un destin. Or ce fondement de notre République est aujourd’hui menacé. Les séparatismes, religieux, ethniques, sociaux, financiers, fragmentent la société. Les enfants grandissent parfois sans jamais rencontrer l’altérité. Et un adulte qui n’a pas appris à vivre avec ce qui lui est étranger enfant aura du mal à le faire plus tard.
Un service civique obligatoire pour les 18-25 ans
C’est là que naît l’idée d’un service civique obligatoire de six mois pour tous les jeunes de 18 à 25 ans. Non pas un service militaire, qui restera fondé sur le volontariat, mais un passage commun, un moment de vie partagée au service d’une association, d’une collectivité, d’un hôpital, d’une mission écologique ou sociale, bref, un temps où l’on donne de soi, où l’on découvre l’autre, où l’on apprend à coopérer. Un temps républicain, où seuls l’effort, le mérite, l’initiative, le travail comptent. Pas dans les livres, mais dans la vie. Pas dans la théorie, mais dans le concret. Faire sauter les barrières sociales, les constructions sociétales venant brouiller la seule chose qui compte : l’humanité de l’autre.
Recréer un ciment national
Nous demandons aux jeunes de porter les valeurs de la fraternité : l’entraide, la solidarité, la responsabilité. Dans un pays où l’on se parle de moins en moins, où l’on se croise sans se connaître, il faut recréer un ciment. Et ce ciment ne se décrète pas : il se vit.
Un service civique obligatoire, c’est une manière de dire que ce qui nous lie doit rester plus fort que ce qui nous divise. Une manière de rappeler que la République n’est pas seulement un cadre juridique, mais une aventure humaine.
Les Français de demain auront besoin de repères communs. Ils auront besoin de savoir qu’avant d’être des individus, ils ont été des citoyens engagés, ne serait-ce que six mois, au service des autres. Peut-être que ce passage, vécu par tous, permettra à certains d’y consacrer ensuite leur vie. Peut-être surtout qu’il redonnera à chacun le goût du commun. Peut-être qu’il brisera l’isolement qui frappe dès la jeunesse, et qui suit jusqu’à la vieillesse. Refaire le ciment républicain ne se fera pas par incantation. Cela passera par des actes.
Un service civique obligatoire en est un.
Si vous souhaitez réagir par un texte argumenté, envoyez-nous votre contribution à cette adresse mail : contact@librejournal.fr
Elle sera publiée.
Voir la proposition précédente : 6) Les fondements de la social-écologie
Vos contributions :
Maxime Bono :
Un temps de vie en commun est indispensable mais il ne s’agit pas seulement d’employer un groupe de quatre ou cinq dans un hôpital en mélangeant les origines sociales.
Il est indispensable que des repas soient pris en commun, l’idéal serait même que pendant une semaine ou une quinzaine de jours, une vie en commun 24 heures sur 24 soit organisé. Cela n’est pas simple à faire, la disparition des casernes rend la chose complexe. Mais la semaine d’intégration pourrait se faire au beau jour sous forme de camp, de camping, de plein air avec bien évidemment un encadrement dédié qui pourrait être constitué aussi bien de militaires sans apprentissage des armes, mais avec petit encadrement sportif et ludique, possibilité aussi de faire appel aux encadrants de clubs sportis ou aux fédérations sportives par exemple par réalisation de stages pour les futurs entraîneurs. Bref des solutions existent et si l’on veut que ce soit efficace, il faut vraiment qu’il y ait un temps de vie réellement en commun et pas seulement se retrouver le matin et travailler pendant quatre heures ensemble.



