L’imposture fondatrice du trumpisme
Le trumpisme s’est construit sur la promesse de défendre les Américains les plus modestes. Les décisions de Trump racontent pourtant une tout autre histoire. Dernier exemple : faire de l’accès au logement la contrepartie d’une restriction du droit de vote.
Dans l’Amérique polarisée de 2026, le récent consensus autour d’une proposition de loi sur le coût du logement faisait figure d’événement. Celle-ci prévoyait notamment d’augmenter la construction de logements et de donner la priorité aux particuliers pour leur attribution. Son passage était donc une formalité qui aurait pu permettre à Trump de tourner la page de la guerre en Iran et de ses conséquences économiques aux États-Unis, tout en répondant aux attentes des Américains sur le pouvoir d’achat – l’un de ses principaux engagements lors de l’élection présidentielle de 2024.
L’intéressé a pourtant décidé de lier le sort de cette loi à celui d’un texte restreignant fortement l’accès au vote, le « Save America Act ». Ce texte prévoit, entre autres mesures, d’exiger une preuve de citoyenneté pour s’inscrire sur les listes électorales, une pièce d’identité pour pouvoir voter et la fin du vote par correspondance. Ces dispositions peuvent sembler acceptables vues de France mais, dans le cadre américain, de surcroît avec un président obsédé par des fraudes électorales imaginaires qui ont conduit ses partisans à prendre d’assaut le Capitole, elles sont perçues comme une atteinte délibérée au droit de vote.
Une promesse sociale contredite par les faits
Ce chantage législatif montre une nouvelle fois le peu de cas que le président milliardaire fait du bien être des citoyens américains, relégué loin derrière son intérêt personnel dans la liste de ses priorités. La révélation, ces derniers jours, de l’enrichissement de Trump de 4 milliards de dollars depuis son retour à la Maison-Blanche, dans un mélange indécent de corruption et de conflits d’intérêts, en est une illustration saisissante. Il est d’ailleurs symptomatique que cette révélation survienne la même semaine que le premier vol dans le nouvel Air Force One offert par le Qatar à Trump, qui devrait rester sa propriété personnelle après son départ de la Maison-Blanche …
Trump a non seulement été un aigrefin dans sa carrière dans l’immobilier et dans d’autres « affaires », au cours desquelles il a escroqué des milliers de fournisseurs ou de clients, comme dans le cas de sa « Trump University », mais le trumpisme, comme doctrine politique, est sans aucun doute son forfait le mieux élaboré. Dans un pays miné par les inégalités et les injustices sociales, il est ainsi parvenu à se faire le porte-voix des laissés-pour-compte du système socio-économique américain et de la mondialisation.
Un bilan économique à rebours des promesses
Depuis son arrivée au pouvoir, Trump a renchéri le coût de la santé, baissé les impôts des plus fortunés et augmenté le coût de la vie des Américains par ses droits de douane et la guerre en Iran. Dans le même temps, sa fortune a triplé. Il aura assouvi ses rêves de grandeur et de toute-puissance par des travaux aussi ridicules que somptuaires à Washington, en apposant son nom sur des bâtiments, ainsi qu’en s’attaquant aux contre-pouvoirs et aux droits démocratiques des Américains.
Alors que l’Amérique célèbre ses 250 ans, l’actuel locataire de la Maison-Blanche incarne à lui seul le danger contre lequel mettait en garde Thomas Jefferson, 3ᵉ président des États-Unis : « Les deux ennemis du peuple sont les criminels et le gouvernement. Enchaînons donc le second avec les chaînes de la Constitution, afin qu’il ne devienne pas la version légalisée du premier. »



